Nom officiel : Grand empire secret de la Fratrie écarlate.
Dirigeant : Sa Sérénité Sans Pareille, le Père de l'Obédience (nom véritable inconnu) (caractéristiques de jeu inconnues).
Gouvernement : les terres du Tilvanot semblent gouvernées par des seigneurs féodaux propriétaires de plantations ; ils sont eux-mêmes dirigés par d'omniprésents moines aux robes rouges représentant un mystérieux gouvernement établi dans une capitale secrète ; les terres conquises sont administrées par un “pasteur” unique, habituellement un moine, qui bénéficie d'une souveraineté quasi absolue, mais qui doit quand même obéissance au Père de l'Obédience.
Capitale : Hesuel Ilshar (localisation inconnue).
Villes principales : Êkali (population inconnue), Hesuel Ilshar (population inconnue), Kro Terlep (population inconnue).
Provinces : inconnues dans la péninsule du Tilvanot ; les possessions situées à l'étranger incluent une partie des Princes des mers (Monmourg, Port-Toli, île de la Marée, île aux Embruns, île de la Houle, île des Sybarites), l'Onouailles (Scant seulement), les deux îles Olmanes et des places fortes dans la jungle d'Amédio et l'Hepmonésie ; la Seigneurie des îles est un État fantoche allié.
Ressources : bois rares, fruits, épices, or, gemmes (I, III—IV).
Monnaie : inconnue.
Population : dizaines de milliers (nombre exact inconnu) - humains 96 % (S), halfelins 2 %, elfes 1 %, autres 1 %.
Langages : ancien sulois, commun.
Alignements : LM*, NM, CM.
Religions : Pyrémius, Syrul, Wy-Djaz, Bralm, Nérull, Tharizdun (c'est ce que prétendent les agents de la Fratrie, mais il ne fait pas l'objet d'un culte véritable, sauf par la Fratrie noire).
Alliés : Seigneurie des îles (État fantoche), certains adorateurs de dieux sulois soutenant la Fratrie écarlate (Syrul, Pyrémius, …).
Ennemis : Franche-Terre, Stérich, Kéolande, États d'Ulek, Grande Marche, Furyondie, Véluna, Verbobonc, Dyves, Faucongris, Iuz, duché d'Urnst, comté d'Urnst, Arbonne, Nyrond, Royaume du Nord, Ahlissa, Solandie, Barons des mers, forces rebelles dans le fief des Princes des mers, Chevaliers du Cerf, Chevaliers du saint Pavois, Chevaliers de Luna, Chevaliers de la Garde. Seul Iuz compte davantage d'ennemis que la Fratrie écarlate.
Tour d'horizon : la Fratrie écarlate était encore tout récemment une puissance secrète et isolée de Flannesse. Elle apparut au grand jour pendant la Grande guerre de Faucongris, renversant plusieurs gouvernements suite à une campagne d'espionnage, de chantage et d'assassinats. Avant sa révélation, la Fratrie avait réussi à infiltrer de nombreuses cours de Flannesse et sa découverte fut la source d'une grande paranoïa et de beaucoup d'exils et d'assassinats (souvent injustifiés) parmi les différents cercles gouvernementaux.
Si les rapports provenant des espions des pays plus nordiques (souffrant le plus souvent de fièvres dues au climat, de maladies parasitaires ou pire encore) sont dignes de foi, la Fratrie écarlate contrôlerait tout le vaste plateau du Tilvanot, depuis la confluence du Grand marécage et de l'Échine du monde jusqu'à l'immense île tropicale de Lof Bosok, au large de la côte nord-est de la péninsule.
Les étrangers ont rarement l'occasion de contempler la capitale de la nation, que l'on dit être une magnifique cité fortifiée. On pense qu'elle est dissimulée quelque part sur le massif plateau d'Okalasna. La cité portuaire de Kro Terlep, autrefois interdite, accueille aujourd'hui les navires étrangers, mais rares sont les capitaines qui bravent les eaux regorgeant de pirates et de monstres marins pour commercer avec la Fratrie. Des vaisseaux arborant les couleurs de la Seigneurie des îles mouillent dans le port oriental d'Êkali, dont les sordides chantiers navals bourdonnent d'activité. Au moins un navire quitte Êkali tous les jours a destination de l'Hepmonésie. Le but de ces voyages demeure inconnu, mais personne dans le nord ne croit en la charité des activités de la Fratrie dans l'Hepmonésie et la jungle d'Amédio.
Les armées de la Fratrie, ou du moins celles débarquées dans les ports occupés au nord et à l'ouest, sont principalement constituées de sauvages guerriers des jungles du Sud, des combattants qui ne font pas de quartier et que l'on dit adeptes de sanglants sacrifices rituels. Ces troupes sont renforcées d'orques, d'hobgobelins et d'autres créatures. Beaucoup des habitants du nord estiment que la Fratrie compte également sur une armée régulière au sein de son territoire, mais il n'existe aucune certitude à ce sujet. Par contre, plusieurs nations ont eu l'occasion de se mesurer à l'impressionnante marine de la Fratrie, laquelle est souvent renforcée de navires “indépendants” provenant essentiellement de la flotte de la Seigneurie des îles.
Histoire : avant la dernière décennie, peu de gens, excepté le peuple de la Solandie, se souciaient de savoir qui habitait la péninsule du Tilvanot. Humains de pure lignée suloise, ces gens paraissaient n'être que de simples fermiers, cultivant leurs plantations et commerçant très peu avec le monde extérieur. Pour les Solandais, leur caractère solitaire s'expliquait sans doute par leur isolement géographique dans le Tilvanot, derrière le Grand marécage et l'Échine du monde.
En 573 AC cependant, des ambassadeurs du sud, vêtus de robes rouges, firent leur apparition dans les cours de la Ligue de fer. Ne parlant qu'à mi-voix, ils offrirent leurs services aux seigneurs marchands, se présentant comme des émissaires pacifiques de la Fratrie écarlate, représentants du royaume de Shar, un mot signifiant pureté en ancien sulois. À l'époque, personne ou presque ne fit le lien entre l'apparition de ces sage conseillers monastiques et la disparition du prince Thrommel de Furyondie ou même toute une série d'événements politiques survenus partout en Flannesse. L'arrivée des Frères du signe écarlate n'en attisa pas moins la curiosité et il fallut peu de temps avant que des espions ne partent pour le Tilvanot.
Très peu de ces agents revinrent auprès de leur maître. Ceux qui le firent racontèrent avoir observé une société agraire établie le long des côtes qui semblait cultiver bien davantage que ce qu'elle ne pouvait consommer. De fait, d'énormes chargements de récoltes variées prenaient la route du plateau situé au centre de la péninsule. Les fermiers étaient dirigés par des moines en robes rouges, des hommes et des femmes capables d'incroyables prouesses martiales au combat à mains nues. Ceux qui défiaient leurs ordres étaient sévèrement punis, afin de servir d'exemple aux autres.
Les espions mentionnèrent également la présence des esclavars, d'étranges races d'esclaves spécialisés créées par le biais de la magie et de sciences mystérieuses. Ils parlèrent également de leurs créateurs, de puissants magiciens du Signe écarlate capables de les contrôler. Finalement, et plus effrayant encore, les espions rapportèrent que la Fratrie écarlate ne vénérait aucun dieu décent, mais payait plutôt tribut au sombre Tharizdun, l'Ultime Destructeur.
Il va sans dire que ces rapports effrayèrent les dirigeants de Flannesse qui se tournèrent alors vers leurs propres conseillers afin d'élaborer une stratégie pour faire face à cette nouvelle menace. Malheureusement, nombre de ceux-ci étaient des agents de la Fratrie et ils n'eurent de cesse de recommander la patience et la prudence en la matière. Ils allèrent même jusqu'à suggérer que la Fratrie finirait bien par se révéler d'elle-même et qu'il serait alors temps de s'occuper de la piétaille qu'elle ne pouvait pas manquer d'être.
Il en fut, bien entendu, tout autrement. Lorsque la Grande guerre débuta dans le nord, la Fratrie écarlate envoya aide, conseillers et armes aux États de la Ligue de fer, maquillés sous le couvert d'un soutien provenant de nations alliées. Après avoir ainsi aidé Citadelle et la Solandie contre les attaques de la Province du Sud, la Fratrie frappa au cœur de la Seigneurie des îles et remplaça son souverain du moment par son cousin, le corrompu Frolmar Ingerskatti. Ce dernier ne tarda pas à se prononcer en faveur de la Fratrie, cédant du même coup sa nation, et surtout sa puissante flotte, au Signe écarlate. Avec les bateaux duxchanais et des monstres charmés par ses bons soins, la Fratrie établit un blocus naval en travers du détroit de Tilva, étouffant de manière très efficace le commerce entre le levant et le ponant.
Par la suite, des agents de la Fratrie se présentèrent à la cour du prince Jéon de Monmourg, porteurs d'un message simple à l'attention des nobles des Princes des mers : “ Soumettez-vous à la Fratrie écarlate ou vous périrez.” Les princes, des nobles sans loi et des rois pirates qui avaient affronté des dangers bien pires qu'une bande d'hommes vêtus de robes, se moquèrent des émissaires. Le lendemain matin, vingt-sept des trente Princes des mers furent retrouvés assassinés. La conquête de Monmourg assura la mainmise de la Fratrie sur toutes les voies maritimes du Sud. En quelques mois, l'Aïdye et l'Onouailles succombèrent également aux invasions et aux assassinats. La Fratrie tenta également de s'emparer de Citadelle, mais le rusé Cobb Darg, qui soupçonnait depuis le début l'allégeance réelle de ses “conseillers”, survécut à la tentative.
Depuis les événements de la Grande guerre, les objectifs de la Fratrie sont clairs pour tous. Ce sont des adeptes d'une philosophie dont les bases furent jetées avant même les Cataclysmes jumeaux et qui prône la suprématie de la race suloise sur toute la Flannesse. Les autres races ne sont que des esclaves sur le dos desquels sera bâti un empire rivalisant avec celui des anciens Suellois.
Il semble que l'organisation de la Fratrie soit divisée en trois niveaux, des moines se situant au sommet de la pyramide, suivis par un ordre d'assassins puis par un autre de roublards. Le chef de ces derniers serait appelé Cousin aîné et celui des assassins, Oncle adoptif. Les membres de chacun de ces ordres inférieurs sont, respectivement, des cousins et des neveux.
Pendant un certain temps, il sembla que la Fratrie en viendrait à contrôler une portion encore plus importante de la Flannesse. En effet, des tentatives manquées dans la Kéolande trahirent une ambition encore plus grande et beaucoup se demandèrent ce que leur réservait le futur. Fort heureusement, le Grand empire secret ne tarde pas à se fracturer. À la fin de 586 AC, la Province du Sud captura la moitié septentrionale de l'Aïdye et s'empara du reste du territoire avant le début de l'année suivante. Pendant ce temps, les paysans de l'Onouailles renversèrent le gouvernement de la Fratrie dans tout le pays sauf dans la cruciale ville portuaire de Scant. Finalement, en 589 AC, les esclaves et les anciens nobles des Princes des mers profitèrent des luttes intestines de leurs conquérants pour plonger le pays dans une guerre civile qui se poursuit toujours actuellement.
Malgré ces pertes, l'entité politique que représente la Fratrie n'a jamais été aussi puissante qu'aujourd'hui. Bien qu'elle ait perdu des territoires, elle s'est énormément enrichie, a détruit ou déstabilisé bon nombre d'ennemis et a fait des gains importants dans les jungles du Sud. La Fratrie continue de dominer les mers du Sud à l'aide de ses blocus navals établis dans les eaux infestées de requins du détroit de Tilva et dans les “portes Australes” de la mer d'Azur, entre la jungle d'Amédio et la péninsule du Tilvanot, près des îles Olmanes. Plus important encore, nombre des dirigeants de Flannesse croient qu'ils ont vidé leur cour des agents potentiels de la Fratrie, donnant ainsi aux souverains abritant des agents encore tapis un faux (et dangereux) sentiment de sécurité. Paradoxalement, malgré sa perte de puissance depuis la fin de la guerre, la Fratrie est plus crainte que jamais, car elle demeure en effet en position de frapper à divers endroits d'importance encore inconnus à ce jour.
Conflits et intrigues : les importants domaines des Princes des mers et de l'Hepmonésie sont actuellement infiltrés par la Fratrie noire, une secte dédiée à l'entropie (Tharizdun). De nouvelles races de monstres créées dans les îles Olmanes se seraient apparemment emparées d'une partie de l'une des îles. Les ambassadeurs de la Fratrie envoyés chez les barbares nordiques ont fait part de résultats mitigés, sauf chez les Barbares du givre, où des gains importants ont été réalisés.