Greyhawk - Grande Marche

Nom officiel : Grande Marche.

Dirigeant : Sa Très Ferme Grandeur, Magnus Vrianian, Commandant de la Grande Marche (LB, humain, Magicien évocateur 9 / Prêtre 3 d'Héronéus).

Gouvernement : monarchie féodale dotée d'une structure militaire et prêtant une allégeance officieuse à la Kéolande ; supervise actuellement le gouvernement du Bissel ; les maisons nobles et le gouvernement sont très proches d'un ordre militant de chevalerie quasi religieux, les Chevaliers de la Garde ; le commandant est choisi tous les cinq ans par un vote des nobles et des chevaliers.

Capitale : Crochebutte.

Villes principales : Crochebutte (population 7 500), Shibboleth (population 5 900).

Provinces : dix grandes baronnies, deux marches (Ténébreuse orientale, mer de Roseaux), territoire annexé (Hochoch, voir description).

Ressources : denrées alimentaires, textile, cuivre, gemmes (III).

Monnaie : [inspirée de la Kéolande] griffon (pp), lion (po), aigle (pe), harfang (pa), héron (pc).

Population : 254 600 - humains 79 % (SOf), elfes 8 % (sylvestres), nains 5 %, halfelins 3 %, gnomes 2 %, demi-elfes 1 %, demi-orques 1 %, autres 1 %.

Langages : commun, kéolandais, elfe, nain.

Alignements : LN*, LB, N.

Religions : Héronéus, Saint Cuthbert, Pholtus, Fharlanghn, Zilkus, dieux œridiens de l'agriculture, Phyton, Obad-Haï.

Alliés : Kéolande, Stérich, Bissel, États d'Ulek.

Ennemis : Ket, humanoïdes du Geoff et des Brumes cristallines.

Tour d'horizon : la Grande Marche occupe les plaines fertiles situées à l'est de la vaste forêt Ténébreuse et à l'ouest des monts Lortmil. Sa frontière méridionale est délimitée par la fourche septentrionale du Sheldomar. Au nord se trouve une frontière “ouverte” plutôt mal définie, où les nobles tiennent cour à la fois au Bissel et dans la Grande Marche. Il faut bien admettre qu'en ce moment, il y a peu de différences entre ces deux gouvernements, même si les terres situées à moins de 50 kilomètres au nord de Crochebutte appartiennent officiellement à la Grande Marche. Ce territoire comprend également une portion de la forêt Ténébreuse et de la mer de Roseaux, une obsédante tourbière dont l'existence n'a cessé de hanter la marche tout au long de son histoire.
Les baronnies du nord profitent d'un climat sec et tempéré semblable à celui que l'on retrouve dans le Bissel. Il en va tout autrement dans le sud, une terre de sombres brouillards et de fréquentes averses, particulièrement près de la forêt et du marais.
La Grande Marche est une nation exceptionnellement martiale dans sa nature. À l'âge de quinze ans, tous les hommes en bonne santé sont obligatoirement conscrits pour une période de sept ans. Les femmes peuvent également rejoindre les rangs. C'est une nouveauté et leur participation n'est pas obligatoire, mais plusieurs femmes d'influence au sein de la hiérarchie militaire pensent qu'il devrait en être ainsi. Le fait que beaucoup des conscrits demeurent au sein de l'armée après leur service obligatoire est un véritable témoignage de la fierté nationale des jeunes. Ceux qui quittent malgré tout les rangs deviennent généralement membres de leur milice locale.
Le cœur de l'armée de la Grande Marche est constitué d'une cavalerie de renommée internationale. Protégés par une cotte de mailles et armés d'une lance d'arçon, d'une arbalète et d'une épée, ces cavaliers sont le fléau des géants du Geoff. Les Chevaliers de la Garde et les Chevaliers du saint Office offrent à l'armée leur soutien et leur expertise militaire. Les effectifs totaux de l'armée avoisinent les dix-huit milles soldats et environ trois fois plus de troupes entraînées peuvent être appelées sous les drapeaux en une seule semaine.

Histoire : la Grande Marche est l'un des plus anciens fiefs de la Kéolande, son origine remontant à plus de neuf cents ans. La légende raconte qu'après la défaite de Vecna et la dissolution de son empire (situé selon certains récits dans le nord de la vallée du Sheldomar), la jeune couronne kéolandienne créa un ordre de chevalerie dans cette région frontalière. Les Chevaliers de la Marche furent fondés afin de faire régner la justice sur le territoire et de mettre un terme aux guerres des factions flannas indigènes. Avec le temps, le chef de l'ordre fut nommé commandant de la Grande Marche, un titre qui s'accompagne du contrôle des terres entre la mer de Roseaux et les Lortmils.
La vie dans la Grande Marche était paisible et sereine car peu osaient s'opposer à son puissant commandant. Chaque fois qu'une menace faisait son apparition à l'intérieur même de la nation, les Chevaliers de la Marche entraient en action, rapidement et avec fermeté. Il arrivait parfois que ces représailles se fissent aux dépens de membres de la petite aristocratie n'ayant apparemment rien à se reprocher. Les chevaliers, suivant les mystérieux préceptes de leur obscure doctrine, ne virent pas l'intérêt de justifier leurs actes auprès des gens du peuple.
Le début des années 300 AC conduisit la Horde d'airain baklunie jusque dans le Ket, au grand dam des cours de l'est et du sud. Afin de protéger ses terres contre cette menace paynime, le roi Tavish Ier de Kéolande ordonna la fondation des Chevaliers de la Garde, sur la même base que les Chevaliers de la Marche et commandés par les chefs de ces derniers. Ce nouvel ordre chevaleresque, à vocation plus internationale, ne tarda pas à s'étendre dans le Geoff, le Bissel et au cœur même de l'empire, tout en conservant ses racines et ses personnalités dans la Grande Marche. De fait, le commandant devint le dirigeant titulaire de ce vaste ordre de chevalerie, mais également le chef de sa nation.
Avec le déclin des guerres d'expansion de la Kéolande en 350 AC, la Grande Marche obtint une notoriété internationale lorsqu'elle servit de point de départ à la Seconde armée expéditionnaire qui envahit Véluna depuis le sud-ouest. Après les succès remportés dans cette campagne, Crochebutte devint une importante étape pour les caravanes faisant route vers le nord, ce qui contribua à accroître la richesse du pays.
En 415 AC, la vie dans la Grande Marche était devenue extrêmement difficile, en partie à cause du commandant Berlikyne, un chef exigeant qui n'attendait rien de moins que le maximum de ces citoyens - en termes de travail, d'argent et d'efforts. Depuis la distante Niole Dra, le roi ne voyait rien d'autre des tactiques de Berlikyne que les impressionnants résultats obtenus. En récompense, le roi Tavish III le nomma commandant suprême de toutes les provinces nordiques, qui comprenaient à ce moment-là la Grande Marche, le Bissel et une bonne portion de Véluna. Une époque d'oppression commença alors, jusqu'à la mort de Berlikyne pendant la Petite guerre.
Le décès du commandant de la Grande Marche et la perte du Bissel et de Véluna forcèrent la Kéolande à apporter des modifications de taille à sa politique dans la région. Conscient que les nobles locaux ne supporteraient pas un autre commandant aussi dur, le roi leur permit d'élire l'un des leurs à ce poste. De plus, il sépara à jamais cette charge de celle du Seigneur de la Garde, chef titulaire de l'ordre des Chevaliers de la Garde. Cela n'empêcha pas le gouvernement et l'ordre de demeurer proches l'un de l'autre.
Au début de la guerre continentale qui prit forme au cours de la dernière décennie, les armées de la Grande Marche n'eurent pas droit à beaucoup d'exercice. Signataire du traité de Niole Dra, le pays envoya une petite armée à travers les Basses-Crêtes en 584 AC afin de venir en aide à la Furyondie contre Iuz. Des mois plus tard, le commandant Pétros fut horrifié par les rapports faisant mention d'armées entières de géants descendant des montagnes pour mettre à sac le Stérich et le Geoff. Il envoya immédiatement le gros de ses armées restantes vers l'ouest, quelques semaines seulement avant que les cavaliers du Ket ne déferlent dans le Bissel.
C'est à ce moment, alors que le commandant Pétros s'apprêtait à retirer ses hommes des Territoires perdus du Stérich et du Geoff, que fut lancée une grande convocation des Chevaliers de la Garde par l'énigmatique Hugo de Geoff, la Grandiose wyverne impériale de l'ordre. Près de la moitié des chevaliers abandonnèrent leur poste de combat pour assister à trois semaines de conférences secrètes à Contrépine. Le commandant Pétros, extrêmement frustré, fut invité à rencontrer les chefs de l'ordre à la toute fin des conférences seulement.
Le commandant démissionna de son poste dans la semaine suivante et nomma comme remplaçant Magnus Vrianian, un chevalier de la Garde haut gradé de Shibboleth. Vrianian laissa le gros de ses soldats dans les Territoires perdus mais ordonna à un petit contingent de partir vers le nord, où les Chevaliers de la Garde se livrèrent à une série d'attaques sournoises contre les Baklunis honnis habitant le Bissel. Peu de temps après que la nouvelle de l'assassinat du bey Zoltan se fut répandue, les armées de la Grande Marche traversèrent la frontière, harcelant les Baklunis qui avaient tardé à battre en retraite. Au Bissel, les chevaliers tentèrent d'aider les gens à restructurer leur société gravement secouée, allant même jusqu'à nommer des membres des Chevaliers de la Garde à des postes importants vacants (sans le consentement du nouveau margrave du pays).
Par la suite, le commandant reporta toute son attention sur les Territoires perdus. Stérich fut libéré en 588 AC, mais les combats se poursuivent toujours dans le Geoff. La plus grande victoire fut celle remportée dans la ville d'Hochoch, libérée en 586 AC par une armée de la Grande Marche. La ville a depuis été annexée officieusement et ses dirigeants paient un tribut au commandant. Il est probable qu'Hochoch et les terres environnantes seront bientôt transformées en une nouvelle baronnie de la Grande Marche.

Conflits et intrigues : les efforts visant à ouvrir une route à travers la forêt Ténébreuse se heurtent à la résistante des maléfiques humanoïdes indigènes. Une nouvelle menace est apparue dans la mer de Roseaux. Nul n'a revu le commandant Pétros depuis la semaine ayant suivi son abdication.