Greyhawk - Plaines des Paynims
Nom officiel : aucun (couramment appelé les Paynims, terme qui désigne tout aussi bien les tribus nomades des Steppes arides que celles des plaines des Paynims).
Dirigeant : aucune autorité centrale ; divers chefs tribaux.
Gouvernement : plusieurs petits nobles (khans ou émirs) gouvernés par des nobles toujours plus puissants (ilkhans, orakhans, shah) ou même de lignée royale (tharkans, padichahs ou kha-khans) ; il existe une grande diversité entre les gouvernements de chaque communauté nomade.
Capitale : aucune.
Villes principales : Kanak (population 12 900).
Provinces : aucune (tribus nomades).
Ressources : chevaux, bétail, peaux et fourrures, herbes médicinales, mercenaires.
Monnaie : aucune ; usage exclusif du troc, sauf chez les nomades qui se trouvent près des villes et cités.
Population : 500 000 - humains 96 % (Bos), centaures 2 %, halfelins 1 %, autres 1 %.
Langages : baklunite (ancien et dialectes variés), commun.
Alignements : CN*, N, les autres sont rarement représentés.
Religions : Istus, Geshtaï, Mouqol, Al'Akbar, Xan Yae, autres dieux baklunis.
Alliés : autres États baklunis (parfois).
Ennemis : autres États baklunis (parfois), Chevaliers de la Garde, Ull.
Tour d'horizon : les grandes plaines de la Flannesse occidentale sont la patrie des nombreuses tribus des Paynims. Dans la partie nord de leur territoire se trouvent d'interminables prairies qui bordent les territoires de Zeif et du Ket. Au sud de cette région et vers l'est, ce sont des terres désertiques plongées dans l'ombre de la cordillère des Brumes cristallines et des monts Ulspruë. Les vastes plaines centrales sont plus fertiles et se terminent même en vallées luxuriantes près des hauteurs occidentales de Suel. Les étés sont terriblement chauds dans le désert méridional et à peine plus supportables dans les prairies du nord et de l'ouest. L'hiver apporte heureusement de la pluie et, bien entendu, la migration saisonnière des Paynims et de leurs troupeaux vers les pâturages du sud.
Les guerriers paynims portent habituellement une armure légère car le poids et le confinement d'une armure métallique constituent davantage un fardeau qu'une aubaine dans la chaleur diurne. Du coup, ils sont extrêmement mobiles. Un quart environ des Paynims utilisent la lance d'arçon et la masse ou le fléau d'armes. Les autres manient le cimeterre et l'arc court taillé dans de la corne animale. La plupart acceptent de s'engager comme mercenaires durant de brèves périodes, mais les derviches des Steppes arides et des terres entourant le lac Udrukankar ne partent généralement à la guerre que sous la conduite de leur clergé ou pour une cause qu'ils estiment juste.
La cité de Kanak, sur les rives du lac Udrukankar, est ce qui se rapproche le plus d'une capitale pour les Paynims. Ceci dit, l'émir de Kanak n'a aucune prétention sur les terres qui se trouvent au-delà du lac et des abords des murailles de briques de sa ville. Il y a davantage de tentes à l'intérieur et autour de Kanak que de structures permanentes dans l'enceinte même de la ville. On trouve fréquemment de petites communautés près des puits ou des oasis dans les Steppes arides ou encore en des points stratégiques surélevés dans les plaines. Les Paynims parcourent toute l'étendue de leur domaine, tantôt guerroyant et tantôt commerçant les uns avec les autres dans un cycle totalement incompréhensible pour les étrangers. Ils mesurent leur richesse en chevaux, en têtes de bétail et parfois même en esclaves, mais ils considèrent la liberté dans les plaines comme leur bien le plus précieux.
Histoire : depuis plus d'un millénaire, les Paynims sont les maîtres de ces territoires qui formaient autrefois le cœur de l'Empire bakluni. Lorsque la prospérité de l'empire devint ruines du fait de la Dévastation invoquée, seuls ces nomades endurcis survécurent dans les terres désolées. Les récits qui racontent les jours qui suivirent la destruction de l'empire sont rares, mais chacun se souvient avec fierté que les Paynims furent les premiers à recevoir la grâce divine d'Al'Akbar. En outre, il est évident que les nomades prospérèrent à leur façon, au moment même où les Baklunis du nord et de l'ouest s'organisaient en États sédentaires.
De leur côté, les Paynims préféraient vivre sous la tente et transporter leurs biens lorsqu'ils se déplaçaient. Comme ils étaient toujours prêts à partager leur style de vie avec leurs voisins, ils n'hésitaient pas à attaquer et à piller non seulement leurs congénères nomades, mais également les malheureux qui vivaient dans les villes renaissantes. Malheureusement, les citadins ne semblaient pas comprendre qu'une chose n'appartient à quelqu'un que tant et aussi longtemps qu'il est en mesure de la conserver. Ils s'opposèrent donc farouchement à ces raids. C'est ainsi que s'établit le rythme des années qui suivirent : des groupes de cavaliers paynims affrontant les armées de nations sédentaires. Souvent, ils se retrouvaient face à leurs frères nomades, les Paynims n'hésitant pas à servir comme mercenaires dans les armées dites civilisées, bien que leur loyauté ne fût pas toujours garantie.
Inévitablement, alors que les contacts entre les peuples civilisés s'intensifièrent, le commerce connut également une croissance. Des caravanes se mirent à traverser les plaines et le désert, emportant avec elles des marchands et leurs biens loin dans les territoires nomades. Le premier groupe de commerçants qui fit le tour complet des terres paynimes revint à Zeif avec peu de richesses matérielles, mais non sans une grande quantité d'informations. On sut ainsi que tous les grands monuments de l'empire avaient disparu, à l'exception de quelques ruines et vestiges. Seuls les cercles de pierres de Tovag Baragu, au nord du lac Udrukankar, avaient échappé à la destruction. Au sein du lac, le Shah des eaux apparut et demanda aux marchands le nom de leur nouvel empereur. Au début, ils ne surent quoi répondre, mais ils donnèrent finalement le nom du sultan plutôt que d'encourir la colère du grand marid de l'Udrukankar. Selon leurs dires, le marid donna sa bénédiction au grand sultan puis repartit.
Les Paynims se souviennent d'une version différente de cet événement. Ils disent que le shah marid donna en plus de sa bénédiction une rare et légendaire hyacinthe qui devait servir à identifier le sultan comme l'héritier de la lignée impériale baklunie. Si le sultan était retourné au lac Udrukankar en possession de la pierre, il serait devenu le nouvel empereur et le fondateur de la XIIe dynastie des Baklunis. Malheureusement, seuls des marchands revinrent les années suivantes, car la hyacinthe fut perdue et l'héritage impérial avec elle. La cité de Kanak, sur la rive sud de l'Udrukankar, fut fondée sur ce récit et ces émirs règnent depuis sur la région au nom du Shah des eaux.
Ailleurs dans les plaines, les tribus paynimes devinrent plus nombreuses chaque année et de plus en plus audacieuses. Comme toujours, elles attaquaient les terres de leurs voisins baklunis plus civilisés, mais elles faisaient désormais la guerre aux tribus des Ulspruë et des plaines de l'est. Ces peuples, pour la plupart de descendance œridienne, élevaient quelques-uns des chevaux tant adorés des Paynims. Il était donc inévitable qu'ils les attaquent un jour ou l'autre. Malheureusement, plusieurs d'entre eux furent faits prisonniers et réduits en esclavage par les impitoyables tribus d'Ull. Ceux qui parvinrent à s'enfuir dans les terres désertiques et les contreforts n'ont depuis jamais cessé de guerroyer contre les détestables Ulis.
La plus grande menace à laquelle les Paynims durent faire face dans les plaines fut amenée par Zeif. En effet, le sultanat incita une nation de nomades appelée la Horde d'airain à émigrer depuis leurs lointaines terres natales du royaume côtier de Mura pour venir prendre possession des plaines situées au sud de Zeif. Ces nomades occidentaux, dont les chefs ne portaient pas le titre de khan, étaient aussi belliqueux que les Paynims indigènes. De plus, leurs chevaux étaient supérieurs; plus rapides, plus forts et tout aussi endurants. Avec le soutien de Zeif, ils ne tardèrent pas à s'emparer des terres bordant le sultanat.
Une fois ces territoires sécurisés, la Horde d'airain se tourna vers ses voisins du levant, le Ket et le Tusmit. Les Tusmites, sous la tutelle des Ekbiriens, repoussèrent les nomades, mais le Ket succomba aux envahisseurs. Ceux-ci mirent à sac les districts du pays puis se dirigèrent vers le sud, à travers la passe de Roncebois, à la poursuite des richesses vélunaises. Ils parvinrent à piller des villages isolés dans Véluna, prenant bien soin de battre en retraite jusque dans le Ket lorsqu'ils étaient confrontés à une opposition militaire d'importance. Ce n'est qu'après que la Kéolande eut pris le contrôle de la trouée de Roncebois que ces actes de déprédations prirent fin. Les Paynims furent même expulsés du Ket par les troupes kéolandaises.
La solidarité de la Horde d'airain se fractura avec la perte du Ket, d'autant que les Paynims et leurs khans mirent en cause sa domination des plaines. Les guerres intertribales des Paynims firent rage pendant deux siècles. Récemment s'est dessiné un mouvement désirant unifier les Paynims, cette fois sous la direction de l'énigmatique Mahdi des Steppes. Il a réussi à rassembler toutes les tribus des Steppes arides et quelques tribus de derviches le suivent également. L'émir de Kanak se dit encore neutre dans l'affaire, mais tous les Paynims risquent bientôt de devoir prêter allégeance au Mahdi.
Conflits et intrigues : le Mahdi des Steppes est présenté comme le véritable fils d'Al'Akbar. Les derviches racontent à qui veut l'entendre la prophétie du Phénix, qui annonce le renouveau de la guerre entre le Bien et le Mal. Les hostilités sont en hausse contre l'Ull. Les vertueux prêtres d'Al'Akbar pourraient mettre un terme au lucratif commerce d'esclaves.