Nom officiel : archibaronnie du Ratik.
Dirigeant : Sa Valeureuse Prééminence, Evaleigh, la Dame Baronne (aussi Archibaronne) du Ratik (CB, humaine, Roublarde 9 / Magicienne 3).
Gouvernement : monarchie féodale indépendante ayant rompu tous liens et allégeances avec l'ancien Grand royaume, les États lui ayant succédé et ses maisons nobles ; membre de l'Alliance du Nord.
Capitale : Marnère.
Villes principales : Marnère (population 6 600), Mont-Ratik (population 5 500).
Provinces : quatorze domaines gouvernés par de grands seigneurs nains et humains.
Ressources : matériaux de construction navale, fourrures, or, gemmes (IV), bois d'œuvre.
Monnaie : [inspirée d'Ærdie] orbe (pp), couronne (po), sceptre (pe), denier (pa), commun (pc).
Population : 138 500 - humains 79 % (Sof), nains 8 % (des montagnes 80 %, des collines 20 %), halfelins 6 %, elfes 3 %, gnomes 2 %, demi-elfes 1 %, demi-orques 1 %.
Langages : commun, vieil œridien, nain, langue du froid.
Alignements : N, NB*, CN, CB.
Religions : Procan, Xerbo, Kord, Norébo, Trithéréon, Phyton, dieux œridiens de l'agriculture.
Alliés : Barbares du givre, nains et gnomes des collines de Silex et des Hautes-Serres, Nyrond, Knurl (voir Marche aux ossements).
Ennemis : Marche aux ossements, Royaume du Nord, humanoïdes des Hautes-Serres, Arbonne (mineur), Barbares des neiges (parfois), Barbares des glaces.
Tour d'horizon : le Ratik est une petite nation prospère située dans la portion nord-est de la Flannesse. Elle se situe au carrefour culturel entre le sud civilisé de l'ancien Grand royaume ærdien et le nord barbare des Suellois de la péninsule Thilonienne. Le Ratik s'étire entre les Hautes-Serres et la Côte du Solnor, et la modeste cité de Marnère, sa capitale, est également son unique port. Sa frontière méridionale est marquée par les collines fortifiées qui séparent le Ratik de la Marche aux ossements. Celles-ci s'étendent vers le levant jusqu'au bois des Hauteurs, où les robustes forestiers se sont alliés avec l'archibaronnie. La forêt du Boisage constitue quant à elle la frontière nord du Ratik, puisqu'elle le sépare des Barbares du givre. Il s'agit d'une limite informelle, respectée depuis des siècles par les deux nations et récemment reconnue de manière officielle par voie de traité. Il est certain que toutes ces barrières géographiques ont isolé le Ratik du reste de la Flannesse. Elles ont aussi servi à le protéger des envahisseurs pendant des siècles.
Le climat du Ratik est hivernal pendant une bonne partie de l'année. Les grosses chutes de neige gorgée de l'humidité du Solnor sont très fréquentes au cœur du règne de Telchur. La forêt du Boisage, balayée par les vents, demeure le point d'attraction principal du domaine. C'est de là que provient la majeure partie des peaux et des fourrures qui entrent dans la confection des vêtements utilisés au pays. Elle fournit également au Ratik sa plus grande richesse, le bois d'œuvre et les matériaux de construction navale qui constituent l'essentiel de l'activité économique de l'archibaronnie. La frontière occidentale du Ratik est une suite ininterrompue de collines et de contreforts montagneux habités par des nains depuis des millénaires. Ces endroits sont parsemés de mines d'or et de gemmes précieuses. Celles-ci sont le plus souvent situées à proximité de forteresses en pierre qui défendent leur accès contre les habitants des montagnes. Les plaines situées entre Marnère et Mont-Ratik sont, pendant la courte saison de culture, le site de quelques activités agricoles.
Le Ratik est principalement peuplé de descendants ærdiens, bien qu'un mélange œridien et suelois se rencontre aussi fréquemment. On y croise peu de Flannas, mais beaucoup de Fruztii et quelques Schnaï sont présents, fermiers expatriés pour la plupart. Les nains et les gnomes sont nombreux dans les régions plus accidentées. Seuls les humains habitent la côte dans leurs petits villages de pêcheurs. Malgré sa localisation septentrionale et éloignée des cités peuplées du Grand royaume, la population du Ratik est relativement dense. Cela s'explique en partie du fait des réfugiés ayant fui la Marche aux ossements.
Bien que le pouvoir soit entièrement concentré entre les mains du baron ou de la baronne, le souverain prend habituellement conseil auprès des nombreuses institutions électorales, notamment du Conseil des grands seigneurs (quatorze pairs nains et humains) et des bourgmestres des petites cités et des villes. L'actuelle baronne est la belle-fille veuve du vieux baron Lexnol. Ce dernier est encore en vie mais ne peut plus assumer la moindre charge politique depuis de nombreuses années. De nombreuses personnes du royaume ne font pas confiance à Evaleigh car elle n'est pas native du Ratik et ne semble pas vraiment réaliser la précarité de la situation dans laquelle elle se trouve. C'est le vieux baron qui a gagné la confiance des Fruztii et signé un traité avec leur roi. Les seigneurs nains et gnomes respectent l'esprit de décision, une qualité qu'Evaleigh n'a pas beaucoup démontrée jusqu'à maintenant. L'armée est toujours fidèle à la couronne, mais d'aucuns marmonnent que le comte de Knurl, le père d'Evaleigh, est trop influent dans les affaires de Marnère. Lexnol avait entrepris des démarches pour conclure une entente avec les Schnaï afin de renforcer sa position contre la Marche aux ossements et ses alliés du Royaume du Nord, mais tous ses efforts sont aujourd'hui anéantis. Rien ne plairait davantage à Grenell, “roi suprême” du Royaume du Nord, que de voir cette nation succomber au chaos.
Histoire : en 109 AC, après la défaite des barbares suellois qui avaient envahi les terres ærdiennes du Nord depuis le royaume des Fruztii, le fief de la Marche aux ossements fut établi par le roi suprême Manshène pour récompenser ses commandants victorieux. Cependant, il devint rapidement évident pour les forces militaires ærdiennes qu'un autre tampon était nécessaire si ces terres devaient être efficacement protégées contre toute nouvelle invasion par le nord. En 122 AC, le général sire Pelgrave Ratik de Winétha, un vétéran rusé des campagnes barbares, fut nommé à la tête d'une expédition destinée à porter la frontière ærdienne jusqu'aux contreforts des monts Griffons. Ratik et ses troupes débutèrent leur expédition en empruntant la passe de Kalmaré, prenant au passage la ville de Bresht au cours d'une violente campagne hivernale qui coûta très cher aux Fruztii. Après avoir conclu une entente avec les seigneurs nains des Hautes-Serres orientales, Ratik entreprit de forcer la retraite des Fruztii le long de l'étroite côte et même au-delà de la forêt du Boisage. Il refusa sagement cependant de les suivre dans un piège grossièrement tendu et cessa plutôt la poursuite afin de fortifier ses acquis. Il fut immédiatement considéré comme un héros dans le sud et sa légende prit rapidement de l'ampleur.
Au cours des mois suivants, le général Ratik établit un fort militaire à la pointe Onsagère, qui surplombait la baie de Granfond. Il nomma cet endroit Marnère et utilisa la ville nouvellement fondée comme base d'opérations pour sécuriser l'ensemble du territoire. Ratik ne tarda pas à exploiter les opportunités de construction navale offertes par les grands pins de la forêt du Boisage et Marnère se transforma de grande forteresse en petite cité portuaire. Ratik envoya des rapports élogieux à ses supérieurs dans le sud et fut suffisamment rusé pour les alimenter régulièrement des richesses du pays, y compris de fourrures prisées et de gemmes précieuses acquises en commerçant avec les dwurs.
En 128 AC, les Fruztii et les Schnaï s'allièrent pour constituer une flotte d'invasion. Ils lancèrent une attaque concertée sur Marnère au printemps, qui faillit d'ailleurs prendre les Ærdis par surprise. Pour se défendre, le général Ratik bouta le feu aux principales voies d'approche du port, forçant l'armada à s'avancer à travers un étroit passage où elle fut taillée en pièces par les engins de siège du fort et une escadre de la marine impériale. Le roi suprême fut tant impressionné par cette victoire qu'en 130 AC, il éleva Pelgrave Ratik dans l'aristocratie, lui octroyant le titre de baron et ces nouvelles terres comme fief personnel. La famille de Ratik acquit le statut de maison noble mineure dans le Grand royaume. La ville fortifié de Bresht fut rebaptisée Mont-Ratik en l'honneur du nouveau baron et ne tarda pas à prospérer grâce au commerce avec Castel-Épine, qui passait à travers la passe de Kalmaré.
Le baron et le marquis de la Marche aux ossements devinrent rapidement des alliés et leurs descendants bénéficièrent d'une longue période de paix et de prospérité au cours des deux siècles suivants. Leurs actions militaires se limitaient alors à repousser quelques raids occasionnels dans les Hautes-Serres ou la forêt du Boisage. En 356 AC cependant, une invasion massive d'un host composé de Fruztii et de Schnaï menaça de submerger les deux nations et de s'enfoncer loin dans la Province du Nord. Le roi suprême raxien Portillan était alors engagé dans une âpre lutte au sujet de la sécession du Nyrond et avait assemblé une force d'invasion pour partir vers l'ouest. Il fut cependant forcé d'orienter son armée vers le nord afin de contrer cette nouvelle menace. La défense opposée par les hommes et les nains du Ratik fut si farouche que même les Fruztii furent impressionnés. L'attaque fut repoussée mais les coûts furent élevés. La baronnie et le Grand royaume évitèrent le désastre mais le prix à payer fut la perte de toute la province du Nyrond.
Le Ratik et la Marche aux ossements reçurent un statut de semi-palatinat après la guerre des Couronnes, qui vit une redistribution du pouvoir du Trône de malachite vers les provinces. De moins en moins de richesses du Ratik partirent vers le sud en qualité de tribut et Alain II du Ratik prit l'habitude de se faire appeler archibaron.
Les deux États prospérèrent encore davantage et formèrent une alliance qui leur permit de garder à distance à la fois la Province du Nord et les barbares suellois. La maison Nælax d'Estebelle convoitait en effet ces riches provinces, mais elle ne fut jamais capable de s'en saisir avant que ne survienne une terrible tragédie en 560 AC. Cette année-là, des tribus humanoïdes des Hautes-Serres et des collines Blêmes frappèrent un grand coup dans la Marche aux ossements, soumettant tout le pays et tuant ses dirigeants en 563 AC. L'herzog Grenell tendit la main à ces usurpateurs, y voyant une opportunité de faire main basse sur l'ancienne province. Le Ratik et son baron, Lexnol III, avaient eu vent de l'invasion et furent en mesure de repousser leurs attaquants, mais ils ne purent rien faire pour venir en aide à la marche. Lexnol, bon chef et tacticien habile, réalisa qu'il était maintenant isolé et qu'aucune aide ne viendrait du sud ou de la cour d'Ivid V. Il aborda donc les seigneurs de Djêkali qui, au cours des ans, avaient appris à ne plus se défier et même à respecter les fiers Ærdis du Ratik. Lexnol parvint à forger une alliance avec les Fruztii, un traité qui fut nommé l'Alliance du Nord. Le Ratik devint par la suite complètement indépendant du Grand royaume et parvint même à frapper les orques et les gnolls de la Marche aux ossements tout en repoussant une invasion de la Province du Nord.
En 579 AC, le fils unique de Lexnol, Alain IV, héritier du trône de l'archibaronnie, épousa Dame Evaleigh, la fille du comte de Knurl. Le comté était la seule province qui avait survécu à la chute de la Marche aux ossements et cette union fut arrangée afin de renforcer le sort des deux partis. L'année suivante, le sceau de Marnère fut volé par des agents de la Marche aux ossements, une tentative des humanoïdes visant à faire tomber l'alliance conclue entre le Ratik et les Barbares du givre. Fort heureusement, l'objet fut récupéré avant qu'il ne disparaisse dans Castel-Épine, mais la nouvelle de son vol jeta tout de même un léger froid dans les relations entre les Fruztii et les Ratikans.
Alain s'enticha du rêve d'unir le Ratik et la Marche aux ossements, mais il ne réussit pas à convaincre le roi des Fruztii de participer à son plan pour repousser les tribus humanoïdes. D'aucuns racontent qu'Alain avait été influencé dans ce sens par sa belle-famille et plus particulièrement par le comte de Knurl, dont la position entre la Marche aux ossements, le Royaume du Nord et le Nyrond était plus que précaire. Alain pouvait au moins compter sur le soutien des immigrants de la Marche aux ossements chassés de leurs terres par les envahisseurs. En 586 AC, il partit vers la marche à la tête d'un détachement d'hommes et de nains et avec la réticente approbation du baron pour reprendre Castel-Épine. L'attaque échoua et les officiers survivants du jeune seigneur virent avec horreur Alain être jeté au bas de son cheval et tué par des gnolls. Près de trois cents Ratikans furent laissés pour morts dans la retraite désordonnée qui s'ensuivit.
En apprenant la mort de son fils, le vieux baron Lexnol s'évanouit. Il se réveilla le matin suivant avec les cheveux blancs et une paralysie qui le confina au lit. Dame Evaleigh, désormais veuve, prit place sur le trône et a depuis guidé le Ratik au fil de ses vicissitudes. Les raids de la Marche aux ossements se sont progressivement intensifiés et mieux organisés ces dernières années. Le domaine de son père, le comté de Knurl, a été attaqué il y a quelques mois et n'a dû son salut qu'aux premières neiges de l'hiver.
Conflits et intrigues : des ambassadeurs de la Fratrie écarlate ont été aperçus à Djêkali. Le Ratik souhaite développer son alliance contre la Marche aux ossements et le Royaume du Nord afin d'y intégrer les Barbares des neiges, mais les Schnaï ne veulent négocier qu'avec Lexnol. Des agents des Barons des mers ont abordé Evaleigh afin d'avoir accès au port de Marnère. Un espion demi-orque travaillant pour le Royaume du Nord a été découvert à Mont-Ratik, mais il a réussi à s'enfuir.