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Greyhawk - Arbonne

Nom officiel : théocratie d'Arbonne.

Dirigeant : Sa Révérencieuse Miséricorde, le Théocrate Ogon Tillit, Prélat Suprême de l'Arbonne (LN, humain, Prêtre 16 de Pholtus).

Gouvernement : théocratie administrée au nom du dieu Pholtus ; les prêtres détiennent tous les postes du gouvernement.

Capitale : Havreneige.

Villes principales : Bruyères-sous-le-Vent (population 24 500), Busebourg (population 12 400), Eltison (population 15 400), Fort-Dignité (population 16 700), Havreneige (population 39 900), Landrigarde (population 7 800), Ogbourg (population 17 400), Stradsett (population 10 900), Val-Serres (population 13 700).

Provinces : vingt-sept districts urbains et sous-diocèses répartis inégalement entre neuf archidiocèses.

Ressources : denrées alimentaires, cuivre, gemmes (IV).

Monnaie : lumière vive (pp), gloire dorée (po), soleil d'argent (pe), lune d'argent (pa), fondement (pc).

Population : 395 000 - humains 96 % (FO), halfelins 2 %, elfes 1 %, autres 1 %.

Langages : commun, flanna.

Alignements : LN*, LB, LM.

Religions : Pholtus*, toutes les autres religions sont réprimées (toutefois, nombre de fermiers font des offrandes secrètes à Béorie, Phyton et aux dieux œridiens de l'agriculture).

Alliés : plusieurs églises pholtanes à travers la Flannesse, certains nobles tainois s'étant convertis à Pholtus et cherchant à faire de la Taine un État vassal de l'Arbonne.

Ennemis : Iuz, Roquefief, tous les orques, gobelinoïdes et géants ; tous les autres États et peuples de la Flannesse sont considérés comme des païens ou des hérétiques et sont donc par défaut des ennemis mineurs de l'Arbonne ; les magiciens sont suspects par défaut car ils vénèrent souvent d'autres dieux ; toutes les religions affichant un aspect criminel ou malfaisant sont particulièrement hostiles.

Tour d'horizon : l'Arbonne est un royaume de moyenne dimension niché dans l'ombre des Hautes-Serres et bordé à l'ouest par le bois Luisant et la Gamboge. Ces forêts sont respectivement partagées avec le duché de Taine et le Nyrond, alors que les montagnes du levant forment une barrière infranchissable avec le Ratik et la Marche aux ossements sur la Côte du Solnor. L'Arbonne est gouvernée depuis Havreneige par une bureaucratie religieuse qui contrôle, entre autres, les aspects militaires, économiques, judiciaires et commerciaux de la vie de la nation. La hiérarchie cléricale gouverne le territoire au nom de Pholtus et on dit que le plus puissant d'entre eux, le théocrate, est choisi par leur dieu pour occuper le Trône du soleil jusqu'à la fin de ses jours. Il est élu parmi le corps dirigeant connu sous le nom de Conseil des neuf, qui se rassemble quatre fois par an à Havreneige pour prodiguer ses conseils au théocrate. L'intolérance des dirigeants de l'Arbonne est aujourd'hui légendaire et le pays est généralement perçu comme doté d'ambitions territoriales vis-à-vis de tous ses voisins. Il y a certainement du vrai dans cette vision des choses, mais il n'est pas possible de classer la société arbonnaise aussi simplement.
Les hivers de l'Arbonne sont rigoureux et ne pardonnent pas. Curieusement, cela semble refléter l'attitude des habitants de la théocratie. On dit qu'il existe seulement deux saisons dans l'Arbonne : un hiver insoutenable et un été à peine supportable, seul moment de l'année où l'agriculture est possible (difficilement). Une partie importante de la population élève donc des animaux domestiques. La nourriture est également importée d'autres nations.
L'Arbonne est composée de neuf grandes provinces englobant un nombre identique de cités qui servent de capitales régionales, chacune étant contrôlée par un prélat qui siège au Conseil des neuf. La population se divise à peu près également en deux groupes raciaux assez distincts, les Œridiens et les Flannas. Ces derniers sont de petite extraction selon la classe supérieure œrdienne et les mariages entre les deux groupes sont rares. Assez bizarrement, les Flannas sont perçus par tous comme les plus avenants physiquement, mais ils demeurent attachés à des principes “païens” que méprisent les Œridiens vénérant Pholtus. Les Flannas évitent les grandes cités de l'Arbonne, où ils finissent souvent comme domestiques ou employés saisonniers, préférant la campagne et le travail dans leur ferme familiale. Quelques familles arbonnaises comptent des demi-elfes en leur sein, particulièrement dans le sud du pays.
La société arbonnaise est relativement fermée depuis les deux derniers siècles et cette stagnation est le plus souvent attribuée à sa structure sociale et aux préjugés insidieux de ses dirigeants. L'Arbonne vit sous un régime inquisitoire depuis que le Nyrond a envahi le pays, il y a plus de deux cents ans. Les clergés maléfiques et les cultes hostiles sont activement traqués et anéantis alors que toutes les autres religions sont réprimées. Les magiciens et autres “fricoteurs démoniaques” font l'objet d'une surveillance étroite et doivent prendre soin de ne pas trop attirer l'attention sur eux. Les templiers de l'Église militante œuvrent de concert avec les autorités militaires et religieuses et sont chargés de la conduite de l'inquisition. Les Grands légats sont investis d'une plus grande autorité encore et sont très craints en Arbonne, car ils ont le pouvoir de soumettre quiconque à la question.
Malgré ces côtés déplaisants, le Bien existe dans l'Arbonne. Les monastères situés près des bois au ponant et aux pieds des Hautes-Serres orientales abritent quelques-uns des philosophes les plus respectés de Flannesse et certaines des plus impressionnantes bibliothèques qui soient. La cité d'Ogbourg au sud-est est un centre commercial prodigieux et ses dirigeants font preuve d'une tolérance inhabituelle face aux étrangers. De nombreux dissidents s'y expriment plus librement qu'ailleurs dans le pays. Enfin, l'armée de l'Arbonne est l'une des mieux entraînées et des plus disciplinées de Flannesse. Ses frontières sont donc convenablement patrouillées et défendues et font de l'Arbonne l'un des endroits les plus sûrs où voyager, même si la tourbière aux Trolls continue de poser problème sur la frontière du nord.

Histoire : des siècles avant la fondation de l'Arbonne, alors que le Grand royaume s'étendait sur presque toute la Flannesse, l'Église de Pholtus reçut la tâche d'administrer les différentes cours au nom du roi suprême et des Maisons célestes. Le membre le plus élevé dans la hiérarchie pholtane reçut le titre de saint Censeur, ainsi qu'un fief à gouverner depuis la vieille cité de Mentrey en Médégie. C'est là que les juges de loi de toutes les religions recevaient leur formation de base et étaient ensuite nommés à un poste disponible. Cette situation donna l'impression que les dirigeants de l'ordre de Pholtus tentaient d'imposer leur doctrine dans le royaume et d'y créer une véritable théocratie. Bien que cette perception ait été fondée dans le cas de quelques-uns de ses leaders les plus chahuteurs, il est probable que la cause première de cette perception erronée relève davantage de la relative apathie des pholtans face à la politique toujours changeante de la cour. Toujours est-il que l'ordre tomba en disgrâce avec la maison Rax au milieu du IIIe siècle AC. Avec l'accord tacite de presque tous les autres cultes, le roi suprême Toran II retira le saint Censorat des mains des pholtans en 252 AC et le remit au clergé de Zilkus[Zilkus, alors étroitement allié avec les maisons Rax et Darmen. Ce compromis parut raisonnable à tous, car il avait été impossible de trouver un consensus entre les cultes d'Héronéus et d'Hextor, les plus puissants dans le royaume à l'époque.
Après cet épisode difficile, quelques-uns des membres les plus zélés du culte de Pholtus quittèrent les terres centrales de l'Ærdie, se disant victimes de persécutions religieuses et dégoûtés de la décadence croissante de l'empire, processus encore accéléré par la sécession du Ferrond en 254 AC. Bien qu'il y eût une part de vérité dans leurs propos, il s'agissait surtout de grossières exagérations qui furent tout simplement prises comme les protestations d'individus en perte de pouvoir et d'influence.
La plupart de ces émigrants religieux traversèrent la province du Nyrond et s'établirent dans les vallées des Hautes-Serres, dans l'arrière-pays flanna. Ces terres ne faisaient l'envie de personne car elles étaient adjacentes au Grand royaume et situées sous un climat nordique rigoureux. C'est donc là que ces prêtres ærdiens et leurs suivants bâtirent leurs maisons, parmi les Flannas qui tenaient alors les rênes d'un fief semi-indépendant au nord-ouest, un endroit appelé la Taine. Ces pionniers firent face à de grandes privations sur cette terre âpre afin de créer leur propre nation. Ils l'appelèrent l'Arbonne et la dédièrent à leur dieu.
Combattant alors aux côtés de ces premiers colons, notamment pour pacifier la frontière du nord, se trouvait Cyril l'Implacable, aujourd'hui grandement vénéré comme saint patron. Il fonda le Conseil des neuf, une entité qui organisa par la suite le gouvernement de la nation balbutiante et choisit le premier théocrate en 342 AC. Cyril et le Conseil structurèrent ce gouvernement en accord avec leur interprétation stricte de la doctrine. Déjà à l'époque, les Arbonnais se considéraient bien loin de la politique du roi suprême et de sa cour, et ils continuaient de la craindre et de s'en méfier malgré le gouffre physique et idéologique qui les séparaient.
Leurs soucis furent de courte durée car en 356 AC, un vent de changement souffla sur l'empire. Le vice-roi de Rel Mord, parent du roi suprême raxien de Rauxès, se dissocia du trône et fonda le royaume indépendant du Nyrond. Les circonstances voulurent que cet acte de rébellion ne soit pas réprimé à temps et, de sa propre initiative, le nouveau roi revendiqua l'Urnst, la Taine, l'Arbonne et une grande partie des Royaumes brigands. Bien entendu, la plupart de ces États réfutèrent de telles prétentions. La même année, l'Arbonne affirma son indépendance du Grand Royaume et le nouveau roi du Nyrond lâcha ses armées sur ce qu'il considérait comme des provinces en rébellion. Ses troupes s'attelèrent à la tâche avec beaucoup d'ardeur, dans le but de remettre à leur place les “insurgés”.
Dans l'Arbonne, ils furent d'abord repoussés par les chefs locaux, mais la capitale régionale d'Havreneige fut réduite en cendres. Les hostilités s'achevèrent rapidement, mais l'amertume laissée par cet événement s'avéra beaucoup plus persistante. Havreneige fut reconstruite vingt lieues plus au nord et plus près du Yol, mais ne fut plus considérée comme une capitale. L'Arbonne demeure un État vassal du Nyrond et fut occupée pendant près d'un siècle, même si le théocrate et la bureaucratie religieuse purent conserver un certain pouvoir dans les affaires domestiques.
En 450 AC, au Grand conseil de Rel Mord, les pholtans de l'Arbonne recouvrèrent leur indépendance complète par rapport au Nyrond. Les émissaires du théocrate jouèrent un rôle crucial dans la décision du roi du Nyrond de l'époque, Dunstan Ier, d'accorder l'autodétermination totale et inconditionnelle des États requérants en échange de l'assurance d'une aide mutuelle et de protection. Cette date est encore célébrée comme un jour national dans l'Arbonne, sous le nom de Jour de l'Émancipation.
Peu de temps après la libération, les templiers de l'Arbonne furent regroupés sous le nom de l'Église militante afin d'appuyer l'armée en place pour lutter contre les “menaces à la foi”. C'est à ce moment que l'Arbonne entra dans cette période sombre dont elle n'est pas encore sortie. Depuis un siècle et demi, la nation conserve jalousement sa souveraineté. Elle refuse d'honorer toute demande d'aide qui n'est requise par aucun traité formel d'alliance et c'est pour cette raison qu'elle n'a pas pris part à la Grande guerre, ni contre le Grand royaume ni contre Iuz, alors qu'elle abhorre la vilenie de ces deux États. Malheureusement pour ses voisins qui souffrirent grandement pendant la guerre, l'Arbonne se retrouva en situation de force dans le centre de la Flannesse et en très bonne position pour donner libre cours à ses ambitions territoriales longuement réfrénées.
Lorsque Lynwerd monta sur le trône du Nyrond, l'Arbonne renouvela ses efforts pour annexer les terres du nord, espérant convaincre le jeune monarque de les lui céder. Jusqu'à présent, le nouveau roi a tenu tête aux ambassadeurs véhéments qui tentent de l'en persuader. Comme la plus grande partie de son armée est engagée dans une autre région, l'Arbonne n'a pas tenté d'envahir son voisin du sud malgré ses dures attaques verbales.
Il y a de cela trois ans, à la tête d'une armée complète et renforcée de troupes supplémentaires incluant des milliers de réfugiés convertis de la Taine, le théocrate Ogon Tillit déclencha l'invasion du duché en ruine, à la fois pour gagner de nouveaux territoires et repousser les forces de Iuz, perçues comme la plus grande menace à l'existence de l'Arbonne. La Taine orientale fut reprise et les deux berges du Yol sont maintenant sous contrôle arbonnais.
La population l'ignore toujours, mais Tillit fut blessé en 588 AC alors qu'il menait personnellement ses troupes dans une des premières batailles. Bien qu'il ait survécu à l'attaque, il ne s'est pas encore remis de ses blessures. Au contraire, elles ont empiré au cours des deux dernières années et ceux qui prennent soin de lui pensent qu'il pourrait ne pas vivre jusqu'à Chaudenoce. Le Conseil des neuf est au courant de son état et les tractations clandestines visant à remplacer Tillit sur le Trône du soleil ont déjà commencé.

Conflits et intrigues : les populations urbaines sont gonflées par un grand nombre de réfugiés tainois et les projets visant à les reloger n'ont pas abouti. Le soutien populaire à l'invasion du Nyrond diminue. Le prélat conservateur Théoman Baslett de Landrigarde et le prélat progressiste Maximillien Thace d'Ogbourg sont les candidats pressentis pour remplacer le théocrate souffrant. Les invasions de trolls en provenance des tourbières ont triplé et certains rapportent l'existence d'un nouveau roi troll.

univers_greyhawk/geographie_arbonne.txt · Dernière modification : 2026/09/06 07:13 de natakusq