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Nom officiel : royaume de la Kéolande.
Dirigeant : Sa Majesté Sans Pareille, le Roi de la Kéolande, Kimbertos Skotti (LB, humain, Rôdeur 15).
Gouvernement : monarchie féodale avec passage du pouvoir entre deux maisons nobles ou plus, lesquelles descendent de l'ancienne noblesse suelloise. Cependant, plusieurs Œridiens, de même que quelques elfes, gnomes et halfelins font partie du Conseil.
Capitale : Niole Dra.
Villes principales : Cryllor (population 4 800), Flène (population 11 900), Gradsul (population 49 000), Niole Dra (population 25 000).
Provinces : près de vingt-cinq duchés, comtés, marches, territoires et baronnies de marque et bien d'autres moins importants.
Ressources : denrées alimentaires, or, gemmes (III).
Monnaie : [standard de la Kéolande] griffon (pp), lion (po), aigle (pe), faucon (pa), bruant (pc).
Population : 1 800 000 - humains 75 % (SOf), elfes 8 % (sylvestres 60 %, hauts 40 %), gnomes 6 %, halfelins 5 % (pieds-légers), demi-elfes 2 %, nains 1 %, autres 3 %.
Langages : commun, kéolandais, elfe, gnome, halfelin.
Alignements : LB, NB*, N, LN, CB.
Religions : Héronéus, Phaulkon, Saint Cuthbert, Fharlanghn, Ehlonna, Lydia, Osprem, Zilkus, Kord, Xerbo, Norébo, Olidammara, panthéon elfe, Trithéréon.
Alliés : Grande Marche, Stérich, États d'Ulek, Geoff (exilés), Bissel.
Ennemis : Pomarj, Iuz, Fratrie écarlate, humanoïdes et géants des Brumes cristallines et d'ailleurs, Princes des mers (toutes les factions), Célène (antipathie), vallée du Mage (méfiance).
Tour d'horizon : plus ancienne encore que l'Ærdie, la Kéolande est le moteur principal de la vallée du Sheldomar. La fondation de la Kéolande constitue la naissance du premier royaume humain post-migratoire en Flannesse. Depuis près d'un millénaire, le cœur du territoire de la Kéolande s'étend depuis Gradsul sur la côte d'Azur jusqu'à la mer de Roseaux dans le nord, et du levant au ponant entre le majestueux Sheldomar et le Javan. Ces terres comptent parmi les plus provinciales et les plus bucoliques de Flannesse, car elles n'ont connu ni guerre ni conflit depuis plusieurs siècles. Le climat y est tempéré tout au long de l'année et le sol des vallées centrales est riche, permettant au royaume de cultiver du blé, du seigle et d'autres céréales en abondance. Par contre, le pays n'a jamais produit beaucoup de ressources minérales. C'est peut-être pour cette raison qu'il a toujours commercé à grande échelle avec ses voisins, auxquels il vend, entre autres, des denrées alimentaires en échange de monnaie sonnante et trébuchante.
Les habitants du pays sont amicaux et généreux mais sont surtout remarquables pour leur nature superstitieuse et la méfiance dont ils font montre envers les étrangers. Ce sont des descendants de lignées suelloises et œridiennes généralement bien mélangées dans le royaume, sauf au sein de cercles restreints tels que la noblesse et certaines sociétés secrètes. Les Flannas sont encore présents mais ont été repoussés en périphérie de la vallée et se retrouvent souvent en petits groupes isolés les uns des autres. En Kéolande, on parle le commun mais le dialecte premier est, bien entendu, le kéolandais. Les gens du peuple sont d'ailleurs facilement reconnaissables à leur accent.
Durant la plus grande partie de l'histoire du pays, l'étude de la magie fut bannie pour les citoyens et sa pratique fut restreinte à des sociétés secrètes et à certains nobles. L'observateur moyen éprouvera donc quelques difficultés à trouver les signes de l'existence de puissants magiciens, car les gens du peuple craignent les adeptes de la magie. Bien que la religion n'ait jamais été une force dominante dans le royaume, plusieurs prêtres sont cependant présents.
La Kéolande est une véritable monarchie. Le roi est nommé à vie et dispose de grands pouvoirs. Dans les faits cependant, le gouvernement est une régence permanente. Ainsi, les affaires de succession se sont toujours réglées au sein du conseil de Niole Dra. Cette assemblée délibérante, composée des principaux nobles et des chefs de guildes et de sociétés établies depuis longtemps dans le royaume, a la responsabilité de permettre la succession et supervise toute affaire en rapport avec la charte de fondation de la nation. C'est cette charte, écrite il y a près de neuf cents ans, qui prescrit les droits et les devoirs de l'ensemble des citoyens du pays, qu'ils soient de noble extraction ou d'origine modeste. Le trône du Lion, comme on appelle la charge du roi en Kéolande, est actuellement détenu par Kimbertos Skotti. Le monarque est assailli de tous côtés par différents groupes qui réclament son attention et transforment toute prise de décision en un long et pénible processus. La plupart de ces pétitionnaires sont des pairs du royaume et leurs intérêts personnels sont souvent conflictuels.
Près de vingt-cinq subdivisions politiques existent en Kéolande. Ce qui suit présente les principales provinces du royaume, avec leur capitale et leur dirigeant.
Baronnie de Grycolline :
Durpyère
Baron Markos Skotti (NB, humain, Guerrier 7)
Baronnie du bois de la Hache :
Linnodaine
Baron Anladon de Nehéli (LB, homme demi-elfe, Guerrier 8 / Magicien 2)
Capitale royale et district de Niole Dra :
Niole Dra
Seigneur Bailli Spugnois Dillip (LN, humain, Noble 6)
Comté de Cryllor :
Cryllor
Comte Ignace Manz (LN, humain, Guerrier 16)
Comté de Flène :
Flène
Comtesse Aliata Elgarin (N, humaine, Prêtresse 5 de Xerbo)
Comté de Nimlie :
Pré-des-Corneilles
Comtesse Lissaine Rheïde (NB, humaine, Prêtresse 8 de Lydia / Guerrière 2)
Duché de Dorlin :
Château Dorglaste
Duc Cédrien III de Nehéli (CN, humain, Magicien 7 / Guerrier 2)
Duché de Gradsul :
Gradsul
Duc Luschan VIII de Rhola (LN, humain, Magicien 9 / Guerrier 2)
Marche de Sédenna :
Plampton
Margrave Erlich Derwante (LN, humain, Guerrier 11)
Marche des Prairies centrales :
Pont-du-Milieu
Margrave Kharnin (LN, humain, Guerrier 3)
Union des Douces collines :
Noir-Sommet
Premier porte-parole Blaif Rinnar (NB, homme gnome, Guerrier 6 / Roublard 2)
Vicomté des Marais salants :
Villemer
Vicomte Cronin Doubavant (LN, humain, Guerrier 4)
Histoire : La chronique des époques secrètes est un ouvrage mis à l'index par la couronne kéolandaise, ce qui est tout de même ironique pour un livre censé n'avoir jamais existé. Il en existe néanmoins de nombreux exemplaires apocryphes dans certaines collections privées, parmi lesquelles la Grande bibliothèque de Faucongris. La prose plutôt lyrique du récit conte l'histoire des survivants suellois de la Pluie de feu incolore, relatant au passage comment Slérotin, le Dernier mage de puissance, conduisit douze tribus hors des ruines de l'empire et vers la vallée du Sheldomar. Toujours selon ce texte, le Magus, à l'article de la mort suite aux efforts déployés, enjoignit les plus puissantes maisons nobles de mettre leurs rivalités de côté et de s'unir afin de s'établir dans la vallée, en paix avec ses habitants. Il leur prédit qu'ils rencontreraient un jour un autre peuple d'égale noblesse et qu'ils jetteraient ensemble les fondations d'un grand royaume. Slérotin leur demanda d'être attentifs aux signes et aux augures et d'agir en conséquence, dans la plus noble des traditions de leurs ancêtres. Le Dernier mage de puissance quitta ensuite le monde des mortels en un coup de tonnerre qui coucha au sol les arbres des environs, dont les troncs formèrent un glyphe pointant vers le nord (c'est du moins ce que raconte la légende).
L'histoire dit aussi que quelques années seulement après leur arrivée en Flannesse, les réfugiés entreprirent de se battre entre eux et empruntèrent des directions différentes, ne tenant pas compte des paroles du Dernier mage. La puissante famille Zelrad s'en fut vers le nord-est quittant la vallée du Sheldomar pour s'établir dans ce qui allait devenir la Province du Sud du Grand royaume. Les récits relatent également comment la vile maison Mahiel s'enfuit vers la forêt Noire et fut consumée par sa propre malfaisance après avoir tenté de conjurer les puissance de la terre dans son désir de ressusciter l'Empire suellois. D'autres groupes connurent un sort similaire et d'autres enfin s'enfuirent à travers la mer d'Azur pour ne plus jamais revenir.
Les maisons suelloises qui restèrent sur place combattirent les indigènes flannas et les nombreux humanoïdes pour prendre le contrôle du reste des terres, alors dominées par le quasi mythique empire de Vecna dans le nord. Les nobles de la maison Rhola choisirent la côte d'Azur où, en -368 AC, ils fondèrent la cité de Gradsul. Pendant ce temps, les nobles de Nehéli tentèrent leur chance dans les vallées du nord, respectant en cela la volonté du Dernier mage. Suivant fidèlement les conseils de leurs Voyants, de rares et puissants apprentis de Slérotin ayant survécu aux cataclysmes, les dirigeants des Nehéli partirent en direction du nord-est. La ville de Niole Dra fut fondée moins d'une décennie après Gradsul. Les quelques saisons suivantes apportèrent beaucoup de changements sur leur territoire, notamment lorsque des tribus œridiennes entrèrent dans la vallée du Sheldomar par le nord, après l'implosion de l'empire de Vecna. Les Œridiens constituaient le premier peuple que rencontraient les Nehéli et ils s'établirent à leurs côtés dans la paix.
La Kéolande fut officiellement fondée en l'an 303 CO (-342 AC), fruit de l'union des Nehéli, des Rhola et de nobles œridiens contrôlant de larges parcelles de terre dans les vallées centrales, entre les fiefs des Suellois. Après une serie de courtes batailles contre les Flannas, tous ces États décousus situés entre les fleuves Javan et Sheldomar ne devinrent qu'une seule et même nation. Niole Dra fut désignée comme capitale du pays et le premier roi, un noble de la maison Nehéli, fut choisi grâce au consensus de ses pairs.
En -242 AC, la Kéolande s'étendait désormais au-delà des Douces collines et s'était alliée avec les habitants de la région. Elle entra dans une période de croissance rapide caractérisée par l'annexion pacifique de nouveaux territoires. C'est ainsi que le Stérich fut établi peu de temps après, suivi par la Grande Marche en -161 AC, alors que le royaume s'agrandissait vers le nord, jusqu'à Crochebutte. Ce dernier territoire fut donné aux Chevaliers de la Marche afin qu'ils défendent les frontières nordiques adjacentes au duché de Dorlin. En -96 AC, la Franche-Terre fut intégrée au royaume et ses propriétaires fonciers eurent voix au chapitre au sein du conseil de Niole Dra.
Au milieu du 1er siècle AC, l'expansion de la Kéolande ralentit progressivement jusqu'à s'arrêter complètement avec la mort du roi Malv III de Rhola. En 49 AC seulement, le trône revint dans la maison Nehéli, où il demeura pendant plus de deux siècles. S'ensuivit une longue période de stagnation de l'histoire kéolandaise, durant laquelle le pays demeura une nation bienveillante, quoi qu'introvertie et somnolente.
La Kéolande s'éveilla de sa torpeur vers la fin du IIIe siècle de l'ère commune pour entrer dans ce que l'on considère généralement comme sa période impérialiste. Ainsi, lorsque le dernier roi nehélien mourut sans héritier en 286 AC, le conclave d'été de l'année suivante reconnut l'ascension du premier roi rholan en plus de deux siècles, Tavish Ier. Tavish, duc de Gradsul, était le descendant de sa maison et son chef le plus imposant. Il était déterminé à ce que les aspirations de la Kéolande rivalisent avec celles des Ærdis et de la Furyondie naissante, lesquels dominaient déjà leurs voisins et leurs rivaux au nord et de l'autre côté de la mer d'Azur.
Tavish instaura sur-le-champ une ère de cosmopolitisme et de renouveau dans la capitale endormie lorsque sa cour s'assembla l'année suivante à Niole Dra. Il remit la nation en marche et leva de nombreuses armées. Il favorisa également la construction de châteaux le long de ses frontières et abolit certaines restrictions frappant la magie, en place depuis des siècles. Cette dernière manœuvre se fit malgré la ferme opposition des anachorètes de la Tour solitaire, les Muets.
Les premières actions politiques de Tavish prirent la forme d'efforts subtils visant à rassembler toutes les ressources qui se trouvaient déjà à sa disposition par voie de traité. Ainsi, en 289 AC, les forces kéolandaises se rassemblèrent près de la trouée de la Faux et les Chevaliers de la Marche fondèrent la cité de Contrépine, avant-poste nordique chargé de surveiller et de taxer les routes reliant les Baklunis à la Furyondie. Une brève escarmouche eut lieu entre la Kéolande et les Baklunis du Ket, mais nulle action de plus grande envergure ne fut envisagée. En 292 AC, Tavish négocia un traité visant à formaliser l'union de la Kéolande avec les États d'Ulek, les amenant à collaborer plus étroitement avec le trône du Lion. Des ambassadeurs kéolandais furent même envoyés à Enstadt et la cour elfique accepta la présence d'avant-postes du royaume sur le territoire de la Célène. Tavish parvint ainsi à confédérer presque toute la vallée du Sheldomar, des Brumes cristallines à l'Azur.
Après la mort de Tavish le Grand, en 346 AC, le trône revint à son fils aîné, Tavish II (dit la Canaille), une situation que le Conseil accepta a contrecœur. Au début de l'été 348 AC, le nouveau roi fit connaître sa “Proclamation de cœurazur” malgré les objections des membres du Conseil. Par cette déclaration, il revendiquait l'hégémonie des Kéolandais sur toute la vallée du Sheldomar. Pour soutenir cette affirmation, la Kéolande fit entrer ses armées dans l'ouest de Véluna dans les années qui suivirent et annexa le Pomarj alors aux mains du prince d'Ulek.
Profitant du soutien supplémentaire reçu grâce à sa victoire hâtive contre Véluna, Tavish II repoussa les Kétites et leurs dirigeants mal préparés jusqu'aux collines des Bannières. À la fin de 362 AC, il ordonna le prolongement d'une route commerciale officielle depuis Contrépine jusqu'à Molvar et même Lopolla. L'année précédente cependant, la Franche-Terre avait fermé ses frontières aux Kéolandais, retirant ses troupes pour protester contre ces “guerres d'agression” et Célène avait expulsé les garnisons royales de son territoire. L'expédition en sol kétite commença à battre de l'aile au bout de quelques années et les trois décennies qui suivirent furent riches d'à-coups qui prirent finalement l'allure d'une lente retraite vers le Bissel.
Dès 400 AC, les forces de la Kéolande avaient achevé leur retraite finale et fortifiaient la trouée de la Faux, faisant de Bissel la frontière septentrionale du royaume. Les agressions kéolandaises marquèrent une longue pause sous le règne du duc Luschan, un nouveau régent qui n'exprimait pas le moindre goût pour la guerre. Il tomba malade en 414 AC et mourut en laissant le trône à son jeune neveu, qui prit le titre de Tavish III. En 438 AC, la Petite (parfois appelée la Courte) guerre opposant la Furyondie à la Kéolande mit fin à l'emprise kéolandaise à Véluna. Les armées furyondiennes progressèrent en direction de Contrépine et près de la ville de Crochebutte, au sud. Les Chevaliers du Cerf parvinrent même à s'emparer du Bissel avant que Tavish III, dépité, ne renforce sa frontière nordique. L'influence kéolandaise au nord de la Grande Marche disparut complètement.
Pendant ce temps, les ennuis du trône du Lion se poursuivaient au sud. En 433 AC, le jeune frère dévoyé de Tavish III et héritier du duché de Gradsul disparut et les rapports conclurent que le duc était mort dans l'Amédio, victime de pirates ou d'une quelconque machination. Le vieux roi tenta de sauver sa dignité lors d'une expédition téméraire visant à reprendre le contrôle du sud et qui se termina avec le siège catastrophique d'Ostefort. Le roi Tavish III lui-même fut tué au cours d'une longue bataille contre les insurgés.
Le fils survivant du roi fut couronné Tavish IV sur le champ de bataille même. Reconnaissant les effets désastreux de la politique qui avait conduit les différentes dépendances du royaume à rompre avec la Kéolande et causé le décès de son père et de son frère, le jeune Tavish IV renversa la vapeur. Il entreprit de rappeler et de dissoudre les différents corps expéditionnaires situés aux frontières du pays et renvoya chez eux des hommes qui n'avaient encore jamais cultivé leurs terres ancestrales. En 460 AC, la ligue de la Franche Terre fut reconnue comme un domaine indépendant et les relations entre les deux nations furent rétablies. Cependant, malgré les efforts du roi, nombre de ses changements survinrent trop tard. Ainsi, en 461 AC, les États d'Ulek et la Célène rompirent officiellement leurs liens avec la Kéolande, les premiers y gagnant de surcroît leur autonomie. Deux ans plus tard, y voyant une opportunité, de petits nobles suellois du Pomarj prêtèrent allégeance au prince d'Ulek et choisirent Grandport pour capitale. Ce geste ne fut même pas remis en question à Niole Dra, alors lasse de la guerre.
Tavish IV mourut prématurément en 488 AC sans héritier, monarque solitaire et abattu. Le trône du Lion revint à un héritier de la maison Nehéli l'année suivante, lequel ferma les yeux sur les affaires étrangères. La Kéolande redevint donc une grande nation pacifique, tout comme deux siècles auparavant. Cette soudaine introspection se transforma carrément en isolationnisme lorsque le monarque kéolandais refusa de s'impliquer dans les guerres de la Haine qui firent rage entre les États d'Ulek et les humanoïdes des Lortmils et de la forêt des Murmures. De même, lorsque les barons suellois du Pomarj furent victimes d'une invasion à la fin de ce conflit, leurs appels à l'aide se heurtèrent à une bureaucratie soudainement insensible à leurs maux. Au cours des quelques décennies suivantes, la maladie et la malchance frappèrent durement la lignée des Nehéli à tel point qu'il parut improbable qu'elle puisse proposer un héritier lorsque le vieux roi Trêvlyan III mourut subitement en 564 AC.
Le conseil de Niole Dra se plongea dans un long débat au cours de l'hiver suivant et émergea de celui-ci avec une annonce surprenante. En effet, le nouveau roi était le baron Kimbertos Skotti de Grycolline, un obscur rôdeur d'une petite province située près de la forêt Noire qui n'avait pas de liens connus avec le trône. Lashton de Grycolline (LN, humain, Magicien 19), un archimage d'une certaine notoriété et doté d'une immense ambition, vint servir la Cour royale en qualité de conseiller magique. Certains le virent comme un comploteur extrêmement influent, peut-être même trop lorsque le royaume se trouva pris au dépourvu par la Grande guerre de Faucongris et les invasions de géants qui dévastèrent les terres du ponant, au début des années 580 AC.
En effet, à cause du temps qu'il fallut à la cour pour envoyer des renforts, retard principalement dû à son désir d'obtenir des concessions supplémentaires des requérants, la Kéolande ne put empêcher le désastre. Des géants descendant des Brumes cristallines attaquèrent le Geoff, le Stérich et la Franche-Terre, jetant ces nations dans le chaos le plus complet. Le traité de Niole Dra fut signé en toute hâte en 583 AC par le roi Skotti totalement hébété. Ce document concrétisa l'alliance de la Kéolande avec ses voisins afin de faire face à la menace posée par les invasions des humanoïdes du Pomarj et l'empire de Iuz au nord.
Une série de malheurs frappa presque immédiatement le royaume en dépit des quelques efforts visant à se porter a l'aide de ses alliés. Une force navale de la Seigneurie des îles, placée sous le contrôle de la Fratrie écarlate, tenta un débarquement à Gradsul en 584 AC. Elle fut repoussée par le duc Luschan, qui y laissa tout de même le quart de sa flotte. En 588 AC, le Stérich fut finalement libéré après trois ans d'efforts, mais le coût de cette victoire s'avéra astronomique. Au début de 590 AC, des troupes de la Kéolande envahirent le fief des Princes des mers et s'emparèrent de la cité forteresse d'Ostefort, un geste que beaucoup qualifièrent de téméraire. On s'attend à ce que très bientôt surviennent d'autres batailles dans le Fief, sauf si la noblesse kéolandaise du conseil de Niole Dra, désireuse de renoncer à cette périlleuse entreprise, parvient à convaincre Skotti de retirer ses troupes.
Conflits et intrigues : Les relations entre la Kéolande et le prince d'Ulek sont tendues du fait de l'alliance économique de ce dernier avec la Seigneurie des îles. C'est pourquoi le soutien à la campagne du prince dans le Pomarj demeure mitigé. Le duc Luschan veut construire une douzaine de nouvelles frégates afin de faire face aux menaces navales de la mer d'Azur et cherche également à conclure une alliance avec Citadelle. Des rumeurs en provenance de Dorlin font état de cas de folie au sein de certaines familles de la lignée Nehéli. Des monstres infestent les frontières méridionales.

