Nom officiel : Royaume du Nyrond.
Dirigeant : Son Auguste Suprématie, Maître Suprême de Tous les Ærdis, Roi Lynwerd Ier du Nyrond (LB, humain, Guerrier 14).
Gouvernement : monarchie féodale héréditaire.
Capitale : Rel Mord.
Villes principales : Arndulanthe (population 2 300), Bétu (population 12 100), Boissalin (population 24 300), Bornevant (population 9 900), Callistor (population 4 300), Cordrande (population 5 000), Curtulaine (population 5 200), Fauchebrin (population 20 700), Gué-d'Arno (population 3 900), Hamensande (population 9 000), Hendrène Halgoude (population 5 000), Kerrin (population 3 500), Malpage (population 11 100), Mascaret-du-Cygne (population 2 800), Mithat (population 29 000), Pointe-Nessère (population 3 100), Rel Mord (population 46 500), Rouvieux (population 22 000), Varech-sur-la-Côte (population 7 300), Vert-Platane (population 1 600), Womtham (population 19 200).
Provinces : douze provinces royales récemment restructurées et dirigées de façon héréditaire par des nobles de rangs variés ; une grande confusion règne en ce moment car beaucoup utilisent encore les noms et les frontières des anciennes provinces.
Ressources : denrées alimentaires, textile, cuivre, argent, gemmes (I—II).
Monnaie : esterlin (pp), noble (po), éclat (pe), écu (pa), commun (pc).
Population : 2 781 800 - humains 79 % (Os), elfes 9 % (sylvestres 90 %, hauts 10 %), halfelins 5 % (costauds), nains 3 %, gnomes 2 %, demi-elfes 1 %, demi-orques 1 %.
Langages : commun, nyrondais, vieil œridien, elfe, halfelin.
Alignements : LB, LN*, NB, CB, N.
Religions : Héronéus*, Béorie, Rao, Pélor, Zilkus, Norébo, Pholtus, Ralishaz, Boccob, Delleb, Célestian.
Alliés : duché d'Urnst, comté d'Urnst, Faucongris, Onouailles (rebelles), Citadelle, Solandie, Arbonne (tout juste).
Ennemis : Fratrie écarlate, Royaume du Nord, Iuz, plusieurs cultes malfaisants qui tentent de déstabiliser le royaume, Ahlissa (grande méfiance).
Tour d'horizon : le Nyrond a longtemps dominé les plaines centrales situées à l'est du comté d'Urnst. Le système fluvial Nessère-Franz, à l'ouest, donne accès au lac aux Profondeurs inconnues et à la mer de Guéarnat, ce qui permet au Nyrond de commercer avec les ports étrangers. La frontière orientale du pays est marquée non seulement par la pittoresque Harpe mais aussi par les hautes terres des collines de Silex, où d'intrépides gnomes et de robustes humains travaillent dans les mines royales. Les habitants des collines ont toujours à l'esprit la menace d'une invasion de la Marche aux ossements. Au nord, nombre des sujets du roi se trouvent dans l'ombre menaçante de l'Arbonne et de son détestable jeu de politique religieuse. De son côté, la côte rocheuse du sud du royaume, le long de la baie de Relmor, est un refuge à la fois pour les pêcheurs et les pirates.
La marine du Nyrond, commandée par l'amiral Hugarnd et stationnée le long de la côte dans les ports de Rouvieux et Mithat, patrouille la baie de Relmor. Les tensions d'autrefois entre l'Ahlissa et le Nyrond semblent s'être relâchées mais la région demeure un point d'embrasement militaire potentiel.
Le Nyrond fut pratiquement anéanti par le coût sentimental et financier de la guerre. Les routes principales sont toujours en ruine, ce qui rend les voyages difficiles. Dans certaines provinces, le commerce est à peu près impossible. Cependant, après une longue période de somnolence, le service des postes a repris et les communications ont été rétablies entre la capitale et les nobles les plus importants.
Une série de vastes problèmes a amené les citoyens du Nyrond à prendre des mesures draconiennes. Le brigandage est en pleine expansion. L'économie du pays est dans un tel état que l'on condamne les criminels à de lourdes amendes plutôt qu'à des peines d'emprisonnement. Les prisons débordent cependant de débiteurs, un aspect jusqu'alors inconnu du paysage judiciaire nyrondais.
Les armées du Nyrond sont sous le commandement du général Myariken, un jeune dandy que l'on dit être l'ami du nouveau roi. Bien que beaucoup des paysans et des hommes libres autrefois conscrits dans l'armée soient maintenant revenus dans leur ferme, de grands régiments sont encore présents dans l'ancienne Almor et à Womtham. Des détachements spéciaux d'éclaireurs elfes, basés dans l'Orée et au Mont-Silex, ont dans le passé rendu de grands services à la couronne, mais il y a trois ans qu'ils n'ont pas rendu de compte.
Le climat de la région est tempéré, avec des chutes de neige modestes pendant les mois d'hiver. Les étés tendent à être très secs et passablement chauds dans l'intérieur du pays, mais les soirées sont fraîches et agréables tout au long de l'année.
Le pays fut tellement chamboulé par la Grande guerre de Faucongris qu'à la fin de 590 AC, le roi Lynwerd restructura l'ensemble des provinces du Nyrond. Il le fit de manière à récompenser les seigneurs qui étaient demeurés loyaux à son père pendant la brève révolte de son frère. Ce système lui permit également d'accroître les revenus prenant la direction de la Trésorerie royale. Une grande confusion résulta de ce réarrangement, mais Lynwerd est persuadé que la nouvelle structure sera bénéfique pour le royaume à partir de 592 AC. La liste des nouvelles provinces du Nyrond, accompagnées de leur capitale et leur dirigeant, apparaît ci-dessous.
Baronnie de Boissalin :
Boissalin
Baronne Vérina Talnith (N, humaine, Rôdeuse 4)
Comté de Fauchebrin :
Fauchebrin
Comte Cunal Huldane (NB, humain, Rôdeur 9)
Comté de Gamboge :
Bornevant
Comte Larapel Klenderne (NB, humain, Roublard 2)
Comté de la Lande aux fougères :
Bétu
Comte Romadan Béréman (N, humain, Prêtre 5 de Zilkus)
Duché d'Orbérande :
Hendrène Halgoude
Duc Arnon Orbérande (LB, humain, Paladin 10 de Pélor)
Duché de Korenflasse :
Rouvieux
Duc Régurde Korenflasse (N, humain, Guerrier 8)
Duché du Mont-Silex :
Arndulanthe
Duc Grévin Damaris (LB, humain, Guerrier 5)
Duché royal de Womtham :
Womtham
Duc Finelan de la Bôme (LN, humain, Guerrier 3)
Marche de l'Orée :
Malpage
Sire Weynoude Aspranthe (LB, humain, Prêtre 7 d'Héronéus)
Protectorat Almorien :
Mithat
Gouverneur Younard (LB, humain, Guerrier 13)
Province de la Juste couronne :
Rel Mord
Roi Lynwerd (LB, humain, Guerrier 14)
Vicomté du Crépuscule :
Chantaderne
Vicomte Lorian Rosevant (CN, humain, Roublard 11 / Guerrier 3)
Histoire : bien que le Nyrond moderne ait moins de trois siècles d'existence, les origines culturelles de la nation remontent à près d'un millénaire. Dernier des grands royaumes œridiens à tomber face à l'ancienne Ærdie, la défaite du Nyrond à la bataille des Quinze jours en 535 CO (-109 AC) confirma la suprématie totale de la nation ærdienne.
L'importance stratégique du Nyrond pour le Grand royaume n'encouragea pas de juste considération de celui-ci aux mains des Ærdis. La maison dirigeante du pays fut subordonnée à la maison orientale des Rax, qui gouverna ce territoire à partir d'une impressionnante série de châteaux et de forteresses centrés autour de l'imposant palais de Rel Mord.
Contrairement à certains de leurs semblables de l'est, les nobles raxiens n'étaient ni vils ni impitoyables, mais ils affichaient une insupportable arrogance. Lorsque que la maison Rax monta sur le Trône de malachite à Rauxès, le Nyrond devient encore plus important dans les affaires du roi suprême.
Cette attention accrue se traduisit par des impôts plus lourds et de plus gros maux de tête pour les propriétaires fonciers de la région. Lorsque le Ferrond se rebella en 254 AC, le roi suprême eut besoin de soldats pour soutenir les violentes escarmouches qui s'ensuivirent sur les frontières au nord du Nyr Dyv. Il puisa directement dans les armées des nobles nyrondais, sans se préoccuper de l'ultime futilité de ces conflits. Des milliers d'hommes et de femmes du Nyrond tombèrent au cours de ces combats. Sans doute à cause de l'incompétence de Rauxès ou tout simplement parce que le Nyrond constituait un parfait bouc émissaire sur lequel les rois suprêmes pouvaient se décharger de leurs frustrations quant à la perte de la Furyondie, la vie dans le royaume devint plus difficile encore.
Pendant plus d'un siècle, les nobles de la branche cadette du Nyrond observèrent les affaires de leurs cousins raxiens avec un mépris évident. Finalement, en 356 AC, ce qui n'avait été jusque-là que chamailleries entre Ærdis et nobles nyrondais explosa en un violent conflit politique. Les seigneurs de la région déclarèrent le Nyrond libre de l'emprise du roi suprême et nommèrent l'un des leurs, le rusé Medven Ier, roi du Nyrond. Chaque seigneur nyrondais fournit ensuite une partie des troupes qui se massèrent à la frontière orientale du pays. Tous fixèrent des yeux les collines de Silex et la Harpe, s'attendant à voir flotter les bannières du roi suprême derrière chaque butte.
Les barbares suellois qui attaquèrent alors vers le sud, en passant à travers la Marche aux ossements pour envahir la province du Nord, le firent-ils de leur propre chef, jugeant critique la situation de l'Ærdie, ou furent-ils en cela encouragés par l'argent du Nyrond ? L'histoire ne le dit pas, mais il est évident que le roi suprême fut dès lors confronté à un choix difficile : écraser la rébellion dans le Nyrond ou défendre la Province du Nord.
L'incapacité de l'Ærdie à s'opposer de manière significative au mouvement d'indépendance du Nyrond laissa la nation naissante avec une immense armée et de grandes ambitions. En moins de trois ans, la fameuse cavalerie nyrondaise s'empara de la nouvelle théocratie d'Arbonne, incendiant même complètement la ville d'Havreneige. Une autre équipée du même genre (quoi que moins violente) survint un peu plus tard et rencontra un succès équivalent dans le comté d'Urnst. L'expansion du Nyrond fut finalement stoppée par les galères du duc d'Urnst, le long de la rivière Nessère.
Au début, le nouveau “Grand empire du Nyrond” observa le lent déclin de la maison Rax d'Ærdie d'un air perplexe. Leur incapacité à écraser les mouvements sécessionnistes du Ferrond et du Nyrond fit bien mal paraître les rois suprêmes raxiens qui ne semblaient plus exister que pour apaiser les États palatins de plus en plus indépendants de la Médégie, de la Province du Nord, de la Marche aux ossements et de l'Ahlissa. La guerre des Couronnes, qui débuta en 437 AC avec l'assassinat du roi suprême Nalif, transforma cette perplexité en horreur. En moins de neuf ans, le Trône de Malachite tomba aux mains de la maison décadente des Nælax. Le chaos et la folie régnant à Rauxès, le roi Dunstan Ier du Nyrond comprit très bien qu'aucun ennemi de l'Ærdie ne serait plus jamais en sûreté. Il jugea que le Nyrond avait besoin d'alliés, et qu'il en avait besoin rapidement.
Bien qu'il ne pût promettre publiquement son soutien, par crainte des représailles de l'Armée du Nord d'Ivid rassemblée près de Hautes-Aigues, Dunstan Ier assista à la conférence de La Ferté-Amoneste qui vit la naissance de la Ligue de fer. Sur place, il assura en privé à ses nouveaux partenaires que n'importe quel ennemi de la Ligue de fer serait aussi un ennemi du Nyrond. Dunstan tint sa promesse en faisant parvenir des armes et des navires de guerre (mais pas de troupes) à Citadelle lorsque celle-ci fut assiégée pendant la bataille des Mille bannières, l'année suivante.
Lorsque 450 AC arriva, l'Ærdie avait survécu à deux guerres civiles. Ivid et sa cour avaient défait leurs ennemis au sein de l'aristocratie et s'étaient fermement installés aux commandes de la machine politique de l'empire. Se faisant plus vieux, Dunstan réalisa qu'avec un ennemi beaucoup plus solide qu'avant, il avait besoin de nouveaux alliés capables de l'aider en cas d'offensive du Grand royaume. Au mois de vendangier, il convoqua donc le Grand conseil de Rel Mord. Des délégués de chacune des principautés nyrondaises et des États vassaux y participèrent, de même que des représentants de l'Almor, de la Ligue de fer, du duché d'Urnst et même de Faucongris. Après un mois et demi de négociations, Dunstan l'Astucieux retira les troupes nyrondaises de l'Arbonne et du comté d'Urnst et rétablit les frontières de ces États inféodés. De plus, il offrit publiquement un soutien accru à la Ligue de fer et compara le Grand royaume d'Ærdie à un “corpulent cadavre réanimé qui infecte et attriste tous ceux qu'il touche”.
Par la suite, le Nyrond entra dans une ère de suprématie. Un programme de construction de châteaux dota les plaines centrales de nombreuses fortifications, les villes s'agrandirent et le commerce fit un bond prodigieux. Le Nyrond se tailla une réputation de pourvoyeur de puissants mages et d'artisans talentueux. Au fur et à mesure que le Mal allait croissant du côté du levant, le Nyrond renvoyait au reste du monde une image des gens de bien de la Flannesse orientale.
Peu d'années s'écoulèrent sans que les marines du Nyrond et de l'Ærdie ne s'affrontent dans la baie de Relmor. En 579 AC, à la suite d'une recrudescence des activités militaires d'Ivid et de l'herzog Chêlor de la Province du Sud, le Nyrond, l'Almor et le Ligue de fer firent front commun en créant la Ligue dorée, une union militaire qui fit une déclaration de guerre au Grand royaume à la fin de Froidenoce. Ne voulant pas être en reste, l'Ærdie s'empressa d'annoncer que Rel Mord tomberait dans l'année et que le traître roi Archibald III du Nyrond paierait pour les péchés de ses prédécesseurs. Malgré toutes ces belles paroles, seules deux années d'escarmouches et de batailles indécises résultèrent de cette l'affaire. Chacun des belligérants était épuisé, tant financièrement que nerveusement.
Cependant, la guerre revint hanter le Nyrond en 583 AC. Sûr qu'une victoire personnelle contre les barbares mal entraînés rehausserait sa popularité chancelante dans les provinces du nord, Archibald mena une immense armée à travers le bois des Fous, espérant frapper durement les Poings qui occupaient alors la Taine. La bataille dura toute une journée. Les barbares se replièrent vers des terres mieux défendues, mais le prix payé par le Nyrond fut très élevé. Plus de trois milles soldats tombèrent avant la fin du jour et Archibald lui-même fut grièvement blessé, sans parler de son orgueil. Il avait opposé la cavalerie nyrondaise aux hordes de Sevvord Barberousse et remporté la victoire mais celle-ci n'en avait décidément pas le goût.
Des mois plus tard, lorsque l'Armée du Nord d'Ivid convergea sur Hautes-Aigues et que la chute de l'Almor sembla certaine devant la puissance des régiments des Glorieuses, Archibald demanda à ses seigneurs de lui fournir une armée comme on n'en avait jamais vue dans la longue histoire du Nyrond. Quand bien même les récoltes allaient pourrir dans les champs et les bandits infester les routes, c'était la survie même du royaume qui était en jeu selon Archibald. Vers la fin de 583 AC, le roi rencontra à Rouvieux des représentants de l'Almor, de l'Onouailles, de l'Aïdye, de la Solandie, de l'Arbonne, du comté d'Urnst et de Citadelle. Tous sauf l'Arbonne signèrent le Pacte d'alliance du Levant, un traité visant à contenir par tous les moyens les armées d'Ivid.
La Fratrie écarlate prit rapidement le contrôle de deux des États signataires du traité, l'Onouailles et l'Aïdye. Citadelle et la Solandie, isolées géographiquement et engagées dans leurs propres luttes contre le Signe écarlate et l'Ærdie, furent incapables de tenir leurs promesses d'assistance. L'Almor brûla comme du bois sec après la défaite du commandant Osson. À la fin de 584 AC, le Nyrond ne pouvait plus compter que sur l'aide des États d'Urnst pour faire face au désir fou de vengeance d'Ivid.
Nyrond perdit près de sept mille hommes pendant la Grande guerre de Faucongris. Même si ses armées résistèrent aux assaut de l'Ærdie, le coût fut terrible. Archibald dut vider les coffres de la nation et dépensa la plus grande partie de la richesse de sa famille. Endetté jusqu'au cou envers les États d'Urnst, le roi dut se résoudre à envisager un avenir bien sombre, empli de champs en friche et caractérisé par un manque de nourriture. Presque la moitié de ses fiefs étaient en rébellion au sujet des impôts et plusieurs des meilleurs mages, artisans et nobles du Nyrond avaient fui vers une vie plus facile dans l'ouest. Dès lors, la question n'était plus de savoir si le Nyrond tomberait mais plutôt quand.
Étonnamment, ce fut le propre fils du roi, le jeune prince Sewarndt, qui le décida. À l'automne de 585 AC, le roi Archibald parut frappé d'une attaque d'apoplexie. Des prêtres de tout le royaume convergèrent vers Rel Mord et précisèrent que le roi avait en fait été empoisonné. Quelques heures seulement après cette découverte, le prince Sewarndt et un groupe d'officiers militaires tentèrent de s'emparer du trône. Seule l'intervention du clergé héronéen de la capitale sauva la couronne et son roi. Avant que le fils aîné d'Archibald, le prince héritier Lynwerd, pût conduire une armée au côté de son père, Sewarndt et une poignée de ses complices disparurent dans la contrée nyrondaise.
La trahison de Sewarndt fit voler en éclats le peu de ce qui restait encore de la détermination d'Archibald pendant les années de guerre. Complètement démoralisé, il abdiqua en faveur du prince héritier en doufoyer 586 AC.
Au cours de sa première année sur le trône, Lynwerd s'empara de la moitié occidentale de l'Almor, restructura le commandement de son armée et réduisit les impôts au niveau d'avant-guerre. Bien que cette dernière mesure ne manquât pas d'améliorer le moral de ses seigneurs, elle n'aida en rien le Nyrond à ce sortir des griffes amères de la pauvreté.
Une terrible tragédie frappa Lynwerd et son royaume en 589 AC. Un mariage planifié depuis longtemps entre le nouveau roi et dame Xénia Sallavarian, une cousine distante du duc Karll d'Urnst et de Jallarzi (membre du Cercle des huit), était censé prendre place à Chaudenoce de cette année. Au mois de cœurazur, dame Xénia visitait Rel Mord à pied lorsqu'elle fut victime d'un coup de chaleur. Nul ne l'a revue depuis et d'aucuns imaginent le pire quand ils voient la tristesse et la dureté du visage de leur souverain.
En 590 AC, avec la famine omniprésente et des idées de sédition parmi les citoyens, Lynwerd entama une série de changements politiques radicaux destinés à conforter le bien-être de son pays. Il commença par réduire la taille de sa cour, se délestant de 397 “fonctionnaires”, trois orchestres de chambre, une chorale de trente enfants de chœur, plusieurs douzaines de prêtres, dix-huit archivistes et un oiseau parlant de la jungle d'Amédio pourtant bien connu et très populaire. Ces changements furent suivis d'une restructuration générale des frontières politiques internes du Nyrond. Il semble bien que le “Roi réformateur”, comme on l'appelle, commence tout juste à panser les plaies de sa nation meurtrie.
Conflits et intrigues : l'extrême pauvreté pousse des gens qui respectent ordinairement la loi vers des activités illicites. Une expédition récente dans les Abbor-Alz, conduite par la cousine de Lynwerd, dame Astra Callistor, a disparu sans laisser de traces après être entrée dans une vallée dominée par d'anciennes tours abandonnées. Selon de nombreuses rumeurs, un fils illégitime du roi aurait fait surface parmi les sorcières du marais Mordant.

