Greyhawk - Seigneurie des îles
Nom officiel : la Seigneurie des îles.
Dirigeant : Son Altesse Exaltée, Prince Frolmar Ingerskatti de Duxchan, Seigneur des Îles, Fléau des Mers (N, humain, Guerrier 12).
Gouvernement : “monarchie indépendante” (principauté), État fantoche aux mains de la Fratrie écarlate qui administre la plupart des affaires militaires, judiciaires, religieuses et économiques ; le prince a un pouvoir réel mais restreint et n'influence le gouvernement de la Fratrie que par la vigueur de son charisme et de son intelligence.
Capitale : Sulgarde.
Villes principales : Duxchan (population 8 900), Sulgarde (population 7 200), Mahan (population 4 100).
Provinces : sept îles, chacune accueillant la province d'un noble : duché de Diran (capitale : Sulgarde), duché d'Ansabo (capitale : Duxchan), duché de Ganode (capitale : Mahan), comté de Jehlum, comté de Mirim, comté de Luda et baronnie de Témil.
Ressources : bois rares, épices, matériaux de construction navale.
Monnaie : grande ancre (pp), navire solaire (po), dauphin (pe), trident (pa), coquillart (pc).
Population : 266 000 - humains 79 % (Soz), elfes 9 % (hauts), halfelins 5 %, nains 3 %, gnomes 2 %, demi-elfes 1 %, demi-orques 1 %.
Langages : commun, ancien sulois, elfe, halfelin.
Alignements : N, CN, NM*, LM, CM.
Religions : Osprem, Xerbo, Norébo, Syrul, Wy-Djaz, autres dieux sulois.
Alliés : Fratrie écarlate.
Ennemis : Barons des mers, Ligue de fer, îles de Lendore (méfiance), Ahlissa (méfiance).
Tour d'horizon : la Seigneurie des îles est le nom collectif donné à une série d'États insulaires au large de la côte sud-est de la Flannesse. Ces sept îles séparent la mer d'Ærdi des eaux chaudes de la mer d'Oljatt et leur taille varie d'une surface équivalente à la plus grande des îles de Lendore jusqu'à celle d'un îlot d'à peine cinquante kilomètres de longueur. Le climat y est tropical. La chaleur suffocante et l'humidité persistent toute l'année, sauf lorsque surviennent les grandes tempêtes tropicales venues de l'Oljatt, durant les derniers mois de l'été. La plus grande partie de la surface des îles, à l'exception des pics rocheux volcaniques situés au centre de la majorité d'entre elles, est couverte d'une abondante végétation tropicale. Ces forêts abritent la riche vie animale et végétale qui constituent la base de l'économie des îles, grâce aux exportations vers le continent notamment. Dans les secteurs défrichés par les humains, près des villes côtières et des ports maritimes, on trouve fréquemment des plantations de canne à sucre, d'ananas et de café. Les îles produisent également des bois précieux tels que le teck, l'ébène et l'acajou, qui sont hautement prisés sur le continent. Enfin, comme la Seigneurie des îles garde les accès séparant le continent et le détroit de Tilva des rives de la mystérieuse Hepmonésie, elle dégage d'importants revenus grâce au paiement des droits de passage des navires marchands étrangers dans les eaux régionales.
Pendant des siècles, ces îles furent gouvernées par un prince ærdien établi à Sulgarde. Les trois plus grandes d'entre elles sont Diran, Ansabo et Ganode. Chacune est de la taille d'une petite province et elles abritent la majorite de la population de la seigneurie. Ansabo et Ganode sont gouvernées par des ducs depuis leur colonisation et leurs seigneurs ne répondent qu'au prince de Diran, à Sulgarde. La plus petite des îles, Témil, est située entre Diran et Ganode. Elle est gouvernée par un petit baron qui rend compte au seigneur de Diran. La baronnie de Témil est traitée comme les autres subdivisions de l'île de Diran, celles-ci comprenant notamment plusieurs baronnies vassales du prince. Les trois îles de taille moyenne, placées les unes après les autres à l'est de la côte de Diran, sont connues sous le nom de Jehlum, Mirim et Luda. Toutes les trois sont administrées par des comtes entretenant une solide alliance avec la cour de Sulgarde. Luda, la plus nordique des trois, est également la plus proche des îles de Lendore et sa côte orientale marque la frontière entre le royaume elfique et la Seigneurie des îles. Toutes les affaires de l'État sont menées depuis la cour de Sulgarde.
Cet archipel est occupé par des Suellois depuis près d'un millénaire et cette race demeure prédominante au sein des populations insulaires, notamment sur Ansabo et Ganode. Les Œeidiens ont émigré vers ces îles en grand nombre au cours des derniers siècles seulement. Ils sont plus courants à Diran et sur les îles plus petites que sont Jehlum, Mirim et Luda. Les Olmans et les indigènes d'Hepmonésie, à la peau sombre, sont relativement abondants. On les traite généralement comme s'ils étaient de piètre extraction et on les réduit le plus souvent en esclavage pour travailler dans les plantations de la riche et peu scrupuleuse noblesse. De fait, l'esclavage prend de plus en plus d'importance dans l'économie des îles, notamment avec l'émergence de la Fratrie écarlate comme réelle détentrice du pouvoir. Sulgarde, la capitale putative de la seigneurie, est une petite ville portuaire qui laisse encore paraître une forte influence ærdienne alors que Duxchan, sur l'île d'Ansabo, est de plus grande taille et d'héritage indéniablement suellois. Le contrôle du pouvoir et de l'économie s'est lentement déplacé vers cette dernière dans le dernier siècle et demi, depuis en fait que les îles ont déclaré leur indépendance de Rauxès en 447 AC. Les voyages au travers de la Seigneurie des îles ont considérablement diminué ces dernières années et, bien qu'il soit toujours possible de les faire, ils s'avèrent dangereux pour tous ceux qui sont ouvertement hostiles à la Fratrie écarlate, notamment les citoyens de la Solandie et de Citadelle.
Histoire : lorsque les Ærdis s'étendirent vers le sud dans la Solandie, ils parvinrent à prendre le contrôle de toute la côte du Solnor, depuis le Grand marécage au sud jusqu'à la forêt du Boisage au nord. Avec cette domination de la terre vint le désir de contrôler les voies maritimes qui s'avéreraient bientôt les voies de communication privilégiées pour le commerce et les transports entre une extrémité du Grand royaume et une autre. Les rois suprêmes décidèrent donc de coloniser les îles situées au large de la côte orientale de la Flannesse, mais ils se heurtèrent aux autochtones flannas et suellois qui contrôlaient ces terres et naviguaient sur leurs eaux depuis des siècles. Dans la plupart des cas cependant, ils ne firent pas le poids face aux Ærdis et les îles des Barons des mers furent rapidement colonisées. Par contre, nulle puissance maritime n'était à l'époque plus imposante que les Duxchanais de la mer d'Oljatt. Ces pirates et ces boucaniers étaient les terreurs du Sud, étranglant littéralement le trafic à travers les détroits maritimes et pillant sans vergogne les villes côtières.
À la suite d'une attaque particulièrement dévastatrice sur Pontylvère, au cours de laquelle le chantier naval fut incendié, le roi suprême Erhart II décida de mettre fin à cette déprédation. En 166 AC, il consacra toutes les ressources navales du Grand royaume au terme de la mainmise des Duxchanais. La jeune mais puissante flotte du vieux baron Asperdi, des Barons des mers, fut rassemblée et conduite par le seigneur amiral Aéodoriche de la maison Atirr, alors le plus réputé de ses capitaines. La ville de Mornegrève fut fondée pour servir de base d'opérations à l'invasion des îles du sud par la flotte ærdienne. Après moins de deux ans d'âpres combats navals, Atirr et son armada renforcée de magiciens et de puissants prêtres de Procan défirent finalement les Duxchanais et leurs alliés à la bataille de la baie de Ganode. L'amiral ærdien fut couvert de gloire et accéda quelques années plus tard au trône de la Province du Nord. Les plus militants des boucaniers suellois survivants battirent en retraite dans le port d'Êkali, sur la côte de l'Échine du monde du plateau du Tilvanot, mais leur impact s'avéra minime par la suite. Les Ærdis colonisèrent les îles en grand nombre et firent de Sulgarde leur capitale. La population resta cependant majoritairement suelloise, notamment sur les îles d'Ansabo et de Ganode, où les seigneurs suellois furent intégrés au nouveau gouvernement. Un seigneur ærdien fut nommé prince du domaine et dut répondre de ses actes à l'herzog de la Province du Sud. Il reçut en échange le droit de diviser les îles comme il le voulait et de les remettre à ses proches parents.
Profitant grandement du flux commercial qui traversait l'archipel, les seigneurs insulaires devinrent très riches au cours des siècles suivants, et ce malgré le fait qu'une partie de leurs revenus revenait à l'herzog de la Province du Sud. Cependant, les Duxchanais du duché d'Ansabo, la deuxième plus grande île de l'archipel, étaient toujours considérés comme de vulgaires pirates et surveillés de très près. Pourtant, avec le temps, même ces derniers apprirent à commercer plutôt que guerroyer et ne se battirent plus qu'occasionnellement avec les Barons des mers. Cette situation changea de nouveau pendant la guerre des Couronnes, lorsque tout le Sud entra en rébellion contre le trône de Malachite. Ivid Ier de la maison Nælax eut beau insister auprès des seigneurs du Sud afin qu'ils reviennent à la raison, rien n'y fit. Les infamies commises par l'herzog de la Province du Sud, à commencer par la capture de vaisseaux seigneuriaux à l'ancre dans le port de Prympe, conduisirent plutôt les seigneurs des îles à déclarer leur indépendance, de concert avec d'autres États du Sud. En 448 AC, le prince des îles se joignit à la Ligue de fer, offrant un soutien maritime au trafic entre Citadelle, l'Onouailles et leurs alliés du Nyrond. Ce faisant, le seigneur de Diran se vit forcé de coopérer davantage avec les seigneurs des autres îles. Il dut partager certains pouvoirs et céder davantage d'autonomie locale au cours des années qui suivirent.
Le roi suprême de Rauxès remit promptement des lettres de marque aux Barons des mers, désignant tous les navires de la Seigneurie des îles comme des cibles pour tous les navires ærdiens. Le dernier siècle et demi vit plusieurs batailles navales entre ces deux puissances maritimes, la plus grande survenant en 572 AC. Entretemps, les Duxchanais et leur duc suellois avaient grandi en puissance. Aussi, lorsque des querelles internes empêchèrent les seigneurs œridiens de Diran de nommer un successeur, c'est Latmac Ranold, de Duxchan, qui devint le nouveau prince. Il adopta immédiatement une politique plus agressive au sein de la Ligue de fer, préférant la guerre ouverte avec le Grand royaume aux négociations et aux subterfuges. Ranold augmenta les effectifs de la marine de la Seigneurie et commença à harceler les routes maritimes du Grand royaume, tout comme ses ancêtres l'avaient fait des siècles auparavant. Cependant, ces attaques aboutirent en 572 AC à la bataille de Médégie, où les Duxchanais subirent leur plus terrible défaite face aux Barons des mers. Sa politique n'ayant reçu ni l'approbation ni le soutien de la Ligue de fer, le prince Ranold encaissa durement la défaite. Il sembla par la suite perdre sa mainmise sur les îles.
Latmac Ranold fut brutalement déposé pendant la Grande guerre de Faucongris, et un successeur inattendu le remplaça immédiatement. La Seigneurie devint un véritable nœud d'intrigues politiques. Le nouveau prince, un seigneur suellois peu connu du nom de Frolmar Ingerskatti de Ganode, retira immédiatement la Seigneurie de la Ligue de fer et s'empressa de mettre ses forces navales au service de la Fratrie écarlate, notamment dans le cadre d'un blocus du détroit de Tilva, opération qui se poursuit à ce jour. Tout le monde sait pertinemment qu'Ingerskatti n'est qu'une marionnette de la Fratrie écarlate, mais il n'y a rien à faire pour le moment, celle-ci ayant mis en place ses agents aux postes principaux du royaume, en remplaçant aussi souvent que possible les Œridiens par des Suellois fidèles. La majeure partie d'Ansabo, le port de Sulgarde et toute l'île de Ganode sont désormais sous leur contrôle.
En 584 AC, Ingerskatti chargea sa flotte de terroriser les ports de l'Azur, en commençant par un raid (manqué) sur Gradsul puis en harcelant les navires de Citadelle, perçue comme sa plus grande rivale sur les mers. La situation dégénéra rapidement. Depuis 590 AC, c'est la guerre ouverte entre les ports libres de la mer d'Azur et les navires de la Seigneurie des îles. Les bateaux de la Ligue de fer et de Gradsul attaquent les vaisseaux seigneuriaux à vue, particulièrement ceux qui transportent de la marchandise ou des esclaves en provenance ou à destination des Princes des mers ou du Pomarj. Par contre, Ingerskatti s'est gagné le soutien du désespéré prince d'Ulek et peut donc compter sur la présence d'un port allié à Gryrax. Un axe semble lentement se dessiner autour de la mer d'Azur contre la Seigneurie et ses alliés de la Fratrie écarlate. D'ailleurs, la présence à Gradsul, au début de 591 AC, d'une frégate aux couleurs du prince de Nærie (Ahlissa) devrait leur donner à réfléchir.
Conflits et intrigues : malgré leurs nombreuses occasions de se venger de leurs ennemis de longue date, les Barons des mers, beaucoup des seigneurs insulaires en ont assez d'être dominés par la Fratrie écarlate. Certains barons œridiens, de même que les comtes de jehlum et Luda, sont toujours secrètement alliés à la Ligue de fer et se rencontrent en catimini sur Témil. Du mithral a été découvert sur Ganode. Des bateaux lendoriens armés d'équipages elfes ont coulé trois navires seigneuriaux dans les six derniers mois (un fait peu connu du public), mais les raisons de ses attaques demeurent inconnues.
