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Greyhawk - Stérich

Nom officiel : marche du Stérich.

Dirigeant : Sa Grandeur, Resbine Dren Émondave, Marquise du Stérich, Intendante de la Grande Porte du Ponant (LN, humaine, Ensorceleuse 13).

Gouvernement : monarchie féodale prêtant allégeance à la Kéolande ; la famille régnante a été grandement affaiblie, les familles nobles souffrent des querelles intestines et la confusion règne quant aux différentes prétentions d'après-guerre (noblesse, urgences et propriété des terres).

Capitale : Istivin.

Villes principales : Istivin (population 12 100).

Provinces : sept comtés, chacun abritant trois à quinze petites baronnies (des prétentions baronniales conflictuelles rendent leur nombre incertain dans plusieurs comtés).

Ressources : argent, électrum, or, gemmes (II—III).

Monnaie : [standard de la Kéolande] griffon (pp), lion (po), aigle (pe), faucon (pa), bruant (pc).

Population : 144 000 - humains 79 % (OFS), nains 8 % (des montagnes), halfelins 6 %, gnomes 3 %, elfes 2 %, demi-elfes 1 %, demi-orques 1 %.

Langages : commun, flanna, nain, kéolandais, halfelin.

Alignements : LB, NB, LN*.

Religions : Héronéus, Pélor, Ehlonna, Béreï, Fharlanghn, Ulaa, Fortubo, Zilkus, Allitur, Béorie, Mayaheine, panthéon nain.

Alliés : Kéolande, Grande Marche, États d'Ulek, Bissel, Franche-Terre.

Ennemis : humanoïdes et géants des Brumes cristallines, Iuz, Pomarj.

Tour d'horizon : le Stérich est une nation qui, à peine sauvée de l'occupation des humanoïdes, fut aussitôt plongée dans des luttes intestines des nobles de retour au pays. Les limites du territoire repris s'étendent depuis les berges occidentales du fleuve Javan à l'est, à travers les basses terres des Tertres désolés, le long de la rivière Daviche et autour des Jotens dans le sud (où les combats se poursuivent toujours). Le lac de montagne qui constitue la source du fleuve Javan est encore un véritable repaire du Mal et les villages et mines situés à proximité sont complètement abandonnés.
Les lointaines Brumes cristallines étaient autrefois la patrie de nombreux clans rivaux de nains des montagnes. Lorsque les humanoïdes envahirent la région en 584 AC, beaucoup d'entre eux se retirèrent dans leurs forteresses et d'autres prirent la fuite pour avertir leurs alliés humains. Depuis que la nation a été reprise, cinq clans de nains n'ont toujours pas envoyé de représentants à la cour d'Istivin. La plupart des Stérichois craignent le pire, mais de hardis seigneurs nains en exil (et souvent en confrontation les uns avec les autres) recrutent actuellement de nombreux groupes d'aventuriers pour des missions de sauvetage et de reconquête.
Le Stérich ne compte aucune forêt d'importance au sein de ses frontières et a dû, par le passé, commercer abondamment avec la Kéolande et la Grande Marche pour obtenir le bois de construction nécessaire à la reconstruction des villes et des villages détruits. D'ailleurs, la partie du territoire récupéré la mieux défendue est probablement constituée des passes des Tertres désolés qui permettent un passage relativement sûr aux missions d'exploitation forestière dans le bois d'Oyt.
Bien qu'elle ait grandement souffert durant les campagnes de reconquête, l'armée du Stérich est aujourd'hui une force militaire bien entraînée, dotée d'une poignée de généraux fort habiles et expérimentés quand il s'agit d'affronter (et de battre) des humanoïdes. Un contingent de 1 500 hallebardiers forme le cœur de cette armée, qui est complétée par des fantassins légers et une cavalerie légère renommée. Malheureusement, la division du pouvoir militaire place la plupart des unités sous le commandement de différents seigneurs. Comme ceux-ci se disputent entre eux les morceaux du territoire reconquis, les soldats unis qui autrefois firent face à l'ennemi se retournent maintenant les uns contre les autres.

Histoire : colonisé comme un État satellite de la Kéolande par des parents du grand-duc de Geoff, le Stérich fut établi sous forme de comté avec l'objectif premier d'établir une puissance politique stable permettant d'accéder aisément aux mines des collines et des montagnes environnantes.
Pendant des siècles, les nobles de la nation s'enrichirent du commerce qui attira à son tour davantage de nobles (souvent dotés de titres achetés et sans valeur). L'aventurier Astakane de Chefville note, dans ses Voyages (375 AC), que le Stérich est “un repaire de noblaillons, qui renferme autant d'aristocrates titrés que de cochons, à tel point que le serf ordinaire y gagne un pouvoir politique réel car son travail y est très prisé”. En vérité, les serfs du Stérich vivaient une existence aussi misérable qu'ailleurs en Flannesse, mais le ton général et le fond de vérité de cette affirmation confirmèrent la réputation du Stérich pendant des générations.
Au cours des dernières années, le Stérich s'était distancé de la couronne kéolandaise et avait pu, dans la plupart des cas, s'occuper de ses propres affaires. Pendant des années, le roi Skotti traita le comte du Stérich, le fier Querchard, davantage en parent préféré qu'en vassal. Chacun se rendait souvent dans la capitale de l'autre, des visites soulignées avec beaucoup plus de vigueur à Istivin qu'à Niole Dra.
En raison de grande cette amitié qu'entretenaient le comte et le roi, les Stérichois furent surpris lorsque Skotti n'envoya aucune troupe pour défendre le Stérich, suite aux premiers rapports de rôdeurs mentionnant d'inquiétantes activités humanoïdes dans les montagnes de l'ouest. En fait, le roi, qui se désespérait depuis longtemps au sujet de l'indépendance virtuelle du Stérich (un vestige du règne de ses prédécesseurs), implora son ami de prêter allégeance à la Kéolande, concédant ainsi la majeure partie des ressources minières à Niole Dra. Querchard refusa.
Le comté paya ce refus de son sang. En quelques mois, d'innombrables légions d'humanoïdes, apparemment conduits par de puissants géants, envahirent les petites baronnies du Stérich. Istivin fut abandonnée dans les jours qui suivirent la première attaque. La plupart des autres villes furent incendiées. Les traînards furent massacrés et livrés aux flammes de bûchers alimentées par des villes et des villages entiers.
De nombreux Stérichois suivirent leur comte en Kéolande. D'autres, en colère devant l'inaction kéolandaise (mais ignorant l'offre opportuniste de Skotti), s'enfuirent vers le duché d'Ulek ou la Grande Marche. Dans cette dernière, beaucoup rejoignirent les rangs naissants des Chevaliers du saint Office et commencèrent à planifier la reconquête de leurs terres. Peu importe cependant où ils s'enfuirent, car la plupart des Stérichois demeurèrent convaincus que l'occupation ne durerait qu'une brève période dans l'histoire de leur grande nation.
Au début de 585 AC, le roi Skotti (réalisant peut-être le coût terrible de son opportunisme) promut l'exilé Querchard au rang de marquis. Se disant qu'un État vassal semi-indépendant apporterait davantage à sa trésorerie qu'une terre désolée contrôlée par des ogres et des gnolls, le roi de la Kéolande promit de grosses récompenses pour chaque baronnie reprise et rassembla des troupes dans la cité de Flène, décidé à reconquérir les terres perdues. Ces soldats furent rejoints par des mercenaires et des chevaliers, tous désireux d'une victoire décisive en cette décennie remplie par tant d'amères défaites.
Les efforts ne portèrent cependant leurs premiers fruits qu'à la fin de l'an 585 AC, lorsque des forces kéolandaises libérèrent la ville de Fitela d'une enclave d'orques et d'autres créatures semblables. À la grande surprise de ceux qui avaient livré tant de batailles sans obtenir de véritable victoire dans le Geoff, les armées ne découvrirent que quelques géants dans le Stérich. Les interrogatoires révélèrent toutefois que les forces d'occupation s'étaient plus ou moins regroupées sous la bannière du roi Galmor, un puissant géant résidant apparemment à Istivin. Les armées se remirent en marche vers le ponant et, comme elles passaient aux côtés de mornes vestiges de boue et de cendres qui avaient autrefois constitué des villages, chacun s'attendit au pire.
Lorsque l'armée gagna finalement Istivin, en semailles 586 AC, elle ne trouva aucune trace du roi Galmor ou même de destructions consécutives au raid initial de 584 AC. Contrastant avec le sort réservé à toutes les autres villes libérées à ce jour, la plupart des bâtiments d'Istivin demeuraient en parfait état.
Le mois de soufflebise 587 AC vit la libérations de toutes les cités du cœur du pays, ce qui procura à l'armée une base d'opérations stable pour mener des attaques, village par village, contre les fiefs des humanoïdes de l'ouest. En froidure 588 AC, la totalité du Stérich civilisé avait été reprise.
Pourtant, quelque chose ne tournait pas rond à Istivin. Même si la plupart des citoyens ne remarquèrent rien, les bâtiments de la ville semblaient projeter au sol des ombres plus longues qu'avant la guerre. Dans les tavernes, les hommes étaient plus prompts à lever le poing de colère. Une série d'incendies inexpliqués détruisit les résidences de plusieurs prêtres importants. Des statues iconiques disposées sur les murs du temple de Pélor se brisèrent, écrasant des enfants qui jouaient dans la cour de l'édifice. D'aucuns se demandèrent si la souillure de la guerre n'avait pas amené avec elle une partie des Abysses à Istivin.
Les rues de la ville sont maintenant désertes la nuit et même les gardes restent derrière les portes closes. Les braves qui osent s'aventurer à l'extérieur à la nuit tombée le font en toute hâte, courant d'un endroit à l'autre l'arme à la main. D'aucuns y ont ainsi disparu. La plus célèbre de ces victimes est Querchard, marquis de Stérich.
La marche est maintenant dirigée par la marquise Resbine Dren Émondave, une femme de grande taille à la peau foncée qui s'acquitte du rôle de son mari depuis sa disparition en 590 AC. La marquise vit en recluse, n'émergeant du donjon de Krelont que pour promulguer de nouvelles lois destinées à protéger les citoyens du chaos venu de l'extérieur, mais aussi d'eux-mêmes.
Au-delà d'Istivin, les terreurs d'origine surnaturelle sont plutôt rares. Par contre, les problèmes courants sont très nombreux. Bien que le roi Skotti ait promis d'offrir des primes pour chaque baronnie libérée et que cela ait convaincu de nombreux nobliaux de prendre les armes contre les oppresseurs du Stérich, cela a aussi nourri une dangereuse avidité au sein de la population. Il en résulte de nombreux contentieux juridiques (et parfois physiques) entre les différents réclamants de chaque propriété. Comme la marquise le suppose et Skotti le craint, beaucoup de ces nobles n'en sont pas. Ce sont plus d'opportunistes arnaqueurs qui espèrent s'approprier titres et récompenses sur le dos d'aristocrates le plus souvent décédés. Dans certains cas, des individus malfaisants ont même comploté contre des nobles toujours vivants. Les assassinats sont aujourd'hui monnaie courante partout dans la contrée. Pendant un bref moment en 588 AC, le Stérich parut avoir réussi son retour d'après-guerre, mais le pays se trouve maintenant menacé par ses dissensions internes.

Conflits et intrigues : les cadavres desséchés de cinq elfes à la peau d'ébène ont été retrouvés au cœur d'Istivin. Les corps avaient été mutilés et portaient les habits de certains personnages officiels de la cité qui furent portés manquants par la suite. Un être puissant se présentant comme le prince d'Azur est apparu dans le sud, unifiant plusieurs clans de gobelinoïdes près de la source de la Daviche. Un ivrogne connu de tous raconte avoir été emprisonné dans le donjon de Krelont et y avoir vu un individu lunatique vêtu de tous les apparats de la noblesse emprisonné dans une cellule. Le dément ressemblait beaucoup au marquis disparu, Querchard.

univers_greyhawk/geographie_sterich.txt · Dernière modification : 2026/09/28 10:42 de natakusq