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Greyhawk - L'histoire de la Flannesse

L'histoire connue de la Flannesse débuta il y a un peu plus d'un millénaire, lorsque le grand conflit qui opposait les anciens empires sulois et baklunis engendra des migrations massives vers l'est à travers, autour et même sous les chaînes de montagnes occidentales. Ceci eut pour conséquence de mélanger races et cultures en un immense melting-pot qui définit aujourd'hui la Flannesse moderne. Les récits qui remontent aux époques précédant les migrations sont fragmentaires et mal compris. Est-ce que des créatures monstrueuses régnaient sur l'Œrik avant l'avènement de l'humanité ? Les races d'humains, d'elfes, de nains et leurs semblables sont-elles issues d'un décret divin ou ont-elles migré jusqu'ici depuis d'autres lieux ? Les elfes ont-ils offert la civilisation aux humains ou ces derniers l'ont-ils forgée seuls ? Les Flannas ont-ils eu des empires et de grandes civilisations ? Qui donc a construit les plus vieux tombeaux des Cairannes, les ruines à moitié enfouies dans le Désert étincelant ou les cités de pierre désertes des monts Griffons ? Où étaient situés les royaumes fabuleux de Johydée, des ducs du vent d'Aaqa, de Vecna (Celui dont on murmure le nom), des hauts rois des nains ou du roi elfique des Étoiles de l'été ? Qu'est-il advenu des mystérieuses Îles de la Terreur et de ceux qui y résidaient ? Nul ne le sait avec certitude.
Même l'histoire des premières migrations demeure confuse sur certains points. Le royaume tribal œridien de Thallande fut si complètement assimilé par le royaume d'Ærdie qu'il ne survit plus qu'immortalisé par la rivière Thelly. L'ancien royaume d'Ahlissa, dirigé par les Flannas et facilement conquis par l'Ærdie, n'est encore connu aujourd'hui que pour sa fondatrice, la reine-magicienne Ehlissa l'Enchanteresse, et le rossignol magique qu'elle créa. Même les habitants flannas de ce royaume ont presque disparu à la suite de mariages interraciaux. Il en va de même pour une grande partie de l'histoire connue.
Ce qui est présenté dans les lignes qui suivent est une histoire de la Flannesse reconnue par la plupart des sommités intellectuelles et comprise de tous ceux qui possèdent un minimum d'éducation. L'époque actuelle est l'année commune (AC) 591, qui correspond également à 1235 CO (calendrier œridien), 6106 DS (datation suloise), 5053 HO (histoire des olves), 3250 HB (hégire baklunie) et 2741 CF (chronologie flanna).

Note : Lorsque l'on calcule une période de temps débutant avant la Déclaration de la paix universelle (qui eut lieu en 1 AC), il faut se rappeler que le calendrier de l'année commune n'a pas d'an zéro. Ainsi, le temps écoulé entre -5 AC et 5 AC est seulement de neuf années et non dix.

Désastres et migrations

La source de l'animosité entre les empires suellois et baklunis se perd dans la nuit des temps, mais les conséquences de leur dernier affrontement continue de se faire sentir même à l'époque moderne. Après des décennies de conflit, les Mages de puissance sulois frappèrent les Baklunis avec la Dévastation invoquée, un désastre apocalyptique tel que sa véritable nature demeure encore inconnue à ce jour. Des villes entières et d'innombrables victimes furent éliminées de la surface de la Tærre, laissant derrière elles bien de peu de symboles de cette grande civilisation qui prospérait depuis les hauteurs de Suel jusqu'à l'océan Dramidj.
En réponse à cette terrible attaque, un groupe de prêtres magiciens baklunis, rassemblés parmi les cercles de pierres protectrices connues sous le nom de Tovag Baragu, fit sévir la Pluie de feu incolore sur leurs ennemis détestés. Les cieux de l'Empire suellois s'ouvrirent et toutes les choses et formes de vie situées sous cette faille lumineuse furent réduites en cendres. Ces deux événements ont marqué si profondément le monde qu'ils ont été surnommés les Cataclysmes jumeaux, un terme que presque tous les habitants de Flannesse connaissent. Les Steppes arides et la mer de Poussière ne sont plus maintenant que deux symboles géographiques de ces immenses pouvoirs magiques employés sans restrictions et maintenant inconnus de tous, probablement pour le mieux.

Des milliers de gens survécurent aux premières années du conflit suellois-bakluni en fuyant vers l'est, de l'autre côté des Brumes cristallines. Les Œridiens, une confédération de tribus barbares établie près des empires en guerre, interprétèrent le conflit (et les raids associés des orques et des gobelins employés comme mercenaires des deux côtés) comme un signe les invitant à migrer vers l'est à la recherche de leur destin ultime. Ils constituèrent le premier grand groupe d'immigrants à entrer dans les terres des Flannas, qu'ils appelèrent dès lors la Flannesse.
Des réfugiés subis ne tardèrent pas à les imiter, travaillant parfois de concert avec les Œridiens pour pacifier de nouveaux territoires mais guerroyant le plus souvent avec eux afin de déterminer quelle race les dominerait. Pendant plus de deux siècles, Suellois et Œridiens se battirent pour le contrôle des terres s'étendant des Brumes cristallines jusqu'à la côte du Solnor. Beaucoup de Sulois étaient dépravés et mauvais ; ils perdirent la plupart des batailles et furent repoussés en périphérie de la Flannesse.
Même si certains Baklunis migrèrent eux aussi vers l'est, bien plus encore s'enfuirent au nord, vers les monts Yatil ou les rives de l'océan Dramidj, où leurs cultures anciennes s'épanouissent encore de nos jours. Les mercenaires inhumains que les Œridiens avaient justement tenté d'éviter se trouvèrent à leur tour emportés par ces migrations. Nombre de ces viles créatures qui infestent maintenant la Flannesse arrivèrent à la suite des Œridiens et des Suellois. Ils suivirent tout simplement la trace des humains, à la recherche de butin, de nourriture et d'esclaves.

Kéolande et Ærdie

L'union la plus réussie entre Suellois et Œridiens survint dans la vallée du Sheldomar, où la Kéolande fut fondée près de quatre-vingts ans après les Cataclysmes jumeaux. Les maisons suelloises Rhola et Nehéli se joignirent aux tribus œridiennes des rives du Sheldomar et se jurèrent assistance mutuelle et partage du contrôle de la Flannesse occidentale. Cet accord détermina le cours de l'histoire pour les neuf siècles qui suivirent. De tous les royaumes qui virent le jour en ces époques tumultueuses, seule la Kéolande a survécu et prospère encore.
Plus à l'est, la plus puissante de toutes les tribus œridiennes , l'Ærdi, atteignit le fleuve Flannie. De là, les Ærdis se dispersèrent de nouveau, conquérant peuples indigènes et congénères immigrants sans discrimination aucune. Après un certain temps, le royaume d'Ærdie en vint à contrôler la totalité de la Flannesse orientale et étendit ses frontières vers l'ouest. Un siècle et une décennie après la bataille des quinze jours, qui vit disparaître la dernière réelle menace à la souveraineté ærdienne, le chef de l'Ærdie fut couronné roi suprême du Grand royaume. Le roi suprême Nasran décréta également la mise en place d'un nouveau calendrier et, avec la Déclaration de la paix universelle, le soleil se leva à l'est sur le premier jour de la première année commune. L'emprise impériale d'Ærdie finit par englober des fiefs établis aussi loin que les Yatils et par contrôler le sud du Nyr Dyv avec une petite garnison établie à un poste de traite sans importance connu sous le nom de Faucongris.

À partir de 213 AC, le laxisme des rois suprêmes ærdiens se fit grandissant, occupés qu'ils étaient à se soucier de leur prestige local et de leur richesse plutôt que des affaires de leurs vassaux en des terres éloignées. Cette période est aujourd'hui connue sous le nom de l'Âge de la grande tristesse. Chaque souverain qui mourait était remplacé par un successeur encore moins compétent et plus imbécile que le précédent, jusqu'à ce que toutes les colonies éloignées de l'Ærdie eussent déclaré leur indépendance.
La vice-royauté de Ferrond fut la première à franchir ce pas, devenant le royaume de Furyondie. Bientôt, d'autres régions firent de même, rompant avec l'inefficace gouvernement du roi suprême. Après avoir gagné leurs guerres de rébellion, ils fondèrent leurs propres gouvernements.
Lorsque survint 356 AC, la dynastie régnante d'Ærdie de l'époque, la maison céleste de Rax, avait atteint des sommets de dépravation. En réaction, la province occidentale du Nyrond se déclara libre de toute attache au Grand royaume et élit l'un de ses nobles comme roi de ce nouveau domaine indépendant. Des armées provenant de toutes les provinces d'Ærdie se rassemblèrent pour mettre fin à ce geste effronté. Au même moment, les barbares de la péninsule Thilonienne attaquèrent la Province du Nord du Grand royaume, forçant le roi suprême à dérouter une partie des troupes du front occidental. Le Nyrond survécut aisément à cette attaque et s'épanouit par la suite.

Au IIIe siècle, le royaume de la Kéolande s'éveilla d'un long sommeil et se lança dans une série de conquêtes qui étendirent ses frontières. Cet empire fut de courte durée et, après moins de deux siècles, une série de vastes guerres et de problèmes internes provoqua son effondrement. Les dépendances extérieures déclarèrent leur autonomie et la Kéolande retomba dans son isolement pacifique.

Les Ivid et Iuz

Le chapitre le plus sombre de l'histoire d'Ærdie débuta en 437 AC. Cette année-la, l'arriviste maison Naelax assassina le roi suprême raxien, inaugurant du même coup une série d'épouvantables guerres civiles que l'on appela la guerre des Couronnes. En moins d'une décennie, Ivid Ier de Naelax fut reconnu comme le roi suprême incontesté de toute l'Ærdie. Comme Ivid avait la réputation d'être en cheville avec de puissants Extérieurs maléfiques, le Trône de malachite du Grand royaume fut connu sous le nom de Trône aux fiélons et cet empire autrefois puissant et véritable symbole de droiture devint un bastion du mal et de la cruauté.

Les nations de la Flannesse ne tardèrent à faire la connaissance d'une autre forme du Mal, beaucoup moins subtile, avec la montée au pouvoir de Iuz, dans les Étendues nordiques qui étaient, à l'époque, plus ou moins associées à la Furyondie. En 479 AC, un despote sans importance laissa en héritage son domaine des collines Hurlantes à son “fils”, un être connu sous le nom de Iuz. En quelques années, Iuz fit la conquête de tous ses voisins, établissant son propre petit royaume. Les récits des réfugiés qui fuyaient vers la Furyondie parlaient d'un mal d'une ampleur difficilement imaginable. Ainsi, on racontait que Iuz se faisait construire une route de crânes humains, depuis les collines Hurlantes jusqu'à Dorakaa, sa capitale ! Pire encore, les rumeurs et les divinations laissent entendre que Iuz était le rejeton d'une union maudite entre une nécromancienne et un démon. Il était décrit comme un demi-fiélon mesurant plus de 2,10 m, assoiffé de sang, de destruction et de conquêtes.
Des luttes politiques internes à la Furyondie empêchèrent le roi d'agir de manière décisive à ce moment-là, alors que le mal de Iuz aurait encore pu être mis en échec de façon permanente. Au contraire, le seigneur cambion profita pleinement de cette période jusqu'en 505 AC, lorsqu'il sembla disparaître de la surface de la Tærre. En vérité, Iuz était emprisonné sous le château de Faucongris par l'Archimage Fou, Zagig Yragerne, ancien seigneur maire de Faucongris. En l'absence de leur chef, les tribus orques et les sujets déloyaux de Iuz se disputèrent le contrôle de ses terres, permettant aux forces du Bien de récupérer pendant un certain temps.

Trois événements contribuèrent à entretenir le sentiment de sécurité de la Furyondie et ses alliées. Premièrement, une partie du royaume de Iuz, désormais privé de gouvernement, fut annexée par un voisin presque aussi malfaisant, la Société cornue.
Deuxièmement, la tristement célèbre Horde du Mal élémentaire, un rassemblement d'adeptes de cultes et de vilains, se manifesta pour la première fois près de ses quartiers généraux établis dans un temple au sud de la ville de Verbobonc. La Horde n'était que l'instrument de Zuggtmoy, la conjointe infernale de Iuz. Elle lui enseigna d'étranges préceptes, selon les instructions de son amant absent. Cependant, le brigandage de la Horde fut finalement vaincu en 569 AC, à la bataille des plaines d'Emridy. Ce jour-là, le prince Thrommel de Furyondie conduisit les forces de son pays, de Véluna, de Verbobonc et de bien d'autres à une victoire qui se solda par la destruction du temple. Malgré cela, en 579 AC, des aventuriers durent mettre fin a une résurgence des activités du Temple du Mal élémentaire.
Troisièmement, les serviteurs humains et les orques fidèles de Iuz devinrent de véritables fanatiques devoués à leur seigneur absent. Avec le temps, les chefs de ces cultes devoués à Iuz acquirent des pouvoirs magiques, éveillant les plus vives craintes de la Furyondie. De plus, en 570 AC, un guerrier aventurier et trouble-fête du nom de sir Robilar libéra Iuz de son emprisonnement. Ce dernier revint dans ses terres encore plus puissant et plus terrifiant que jamais, disposant d'un cierge maudit pour diriger ses troupes.

Le ciel s'assombrit...

Les années comprises entre le retour de Iuz et la Grande guerre sont souvent considérées, rétrospectivement, comme le prélude du conflit à venir. Plusieurs forces déstabilisantes entrèrent en jeu, modifiant l'équilibre des puissances dans la Flannesse. La plus insidieuse de celles-ci était la Fratrie écarlate, un ordre monastique secret dont on apprit l'existence pour la première fois en 573 AC, l'année même de la disparition du prince Thrommel de Furyondie, héros des plaines d'Emridy.
De fréquentes escarmouches entre la Province du Sud de l'Ærdie et le Nyrond dégénérèrent en hostilités ouvertes au début de 579 AC, lorsque le roi suprême Ivid V entra en guerre contre la Ligue dorée (le Nyrond, l'Almor et la Ligue de fer). Même si cette guerre monotone qui s'étendit jusqu'à la fin de 580 AC ne changea en rien la situation géopolitique, elle eut pour effet de vider les coffres et de réduire les troupes d'Ærdie et du Nyrond, en faisant deux puissances affaiblies lorsque le sous-continent s'embrasa dans la Grande guerre en 583 AC.
Le pillage des terres de la Pavoisie par les Royaumes brigands et la Société cornue en 579-583 AC affaiblit tout aussi efficacement la région entière, laissant la Pavoisie en ruine. Iuz prit bonne note de cette situation et la mit à profit dans ses plans grandioses de conquêtes.

Un événement important, bien que rarement mentionné, prit place en 581 AC lorsqu'un sbire de Vecna, Celui dont on murmure le nom dans les anciennes légendes flannas, anéantit complètement le Cercle des huit. Depuis des années, le Cercle agissait de manière subtile comme un agent de l'équilibre, faisant en sorte qu'aucune puissance n'en vienne à dominer une trop grande partie de la Flannesse. Bien que le chef du Cercle, Mordenkainen, rappelât ses collègues à la vie via une magie puissante, le groupe était totalement désorganisé lorsque la guerre éclata dans le nord lointain en 582 AC.

La Grande guerre

En 582 AC, le dieu Vatun apparut à ses sujets parmi les tribus barbares de la péninsule Thilonienne. Une légende ancienne prédisait que le retour de Vatun, disparu depuis des siècles, serait le signal de la naissance d'un empire barbare dans le nord. Malheureusement, ce “Vatun” n'était nul autre que Iuz, poussant les hommes du nord dans une furie guerrière.
Les barbares envahirent le fief de Roquepoigne et ce dernier s'allia à eux lorsque Iuz ensorcela Sevvord Barberouge, le Maître du Fief. L'host combiné frappa à travers les monts Griffons, dans le duché de Taine qui fut rapidement écrasé. L'alliance barbare se brisa rapidement mais les dégâts étaient faits ; la Taine et le Roquefief étaient aux mains de l'Ancien. Retournant dans ses terres natales, Iuz conquit par la suite la Société cornue, les Royaumes brigands et la Pavoisie en un rapide enchaînement. La Furyondie fut envahie et la majeure partie de son territoire au nord fut capturée et ravagée. Iuz tenait la Flannesse septentrionale dans sa poigne mortelle.

Tirant parti de ce chaos, Ivid V ordonna aux armées du Grand royaume de se rassembler, avec l'intention bien arrêtée de faire payer à ses ennemis leurs siècles d'insolence. La guerre qui s'ensuivit fut stupéfiante de par son ampleur et ses conséquences. L'Almor fut rayée de la carte, le Nyrond envahi et la Solandie conquise. Les nobles du Grand royaume se jetèrent les uns sur les autres, terrifiés par leur roi suprême dément et désireux de voler les terres de leurs voisins. Dans le désordre général qui s'ensuivit, la Médégie fut mise à sac et Rel Astra fut attaqué par l'armée du Grand royaume. Ivid tenta de s'assurer la loyauté de ses nobles et de ses généraux en les faisant assassiner, puis en les réanimant sous forme de morts-vivants intelligents (animus) possédant les mêmes capacités que de leur vivant. Il fut à son tour assassiné, mais le clergé d'Hextor le ramena à la vie (en lui offrant le statut de mort-vivant). Après cet épisode, il devint un véritable monstre connu sous le nom de Ivid l'Immortel.

La folie de la guerre engendra encore davantage de conflits. En 584 AC, au sud de Faucongris, un demi-orque nommé Turrosh Mak unifia les abjectes tribus inhumaines du Pomarj. Les armées de Mak se précipitèrent au nord, capturant plusieurs des villes indépendantes de la Côte sauvage puis conquérant près de la moitié de la principauté d'Ulek. Les demandes du prince Corond à Yolande, la reine des elfes de Célène, tombèrent dans l'oreille d'un sourd (ou plutôt d'une sourde dans ce cas-ci). La Célène ferma ses frontières même pour ses plus proches alliés, refusant de faire couler le sang elfique dans des guerres d'humains.
La même année, des paranoïas vieilles d'une décennie s'avérèrent fondées à propos de la Fratrie écarlate. En effet, partout à travers la Flannesse, des conseillers de cour se révélèrent être des agents de la Fratrie. La Seigneurie des îles, l'Aïdye, l'Onouailles et les Princes des mers tombèrent sous l'influence du Signe écarlate, par le biais de trahisons ou d'invasions. Des barbares provenant de l'Hepmonésie et de la jungle d'Amédio furent employés pour capturer et occuper ces territoires. La Fratrie se révéla être un ordre raciste malfaisant dédié à la préservation de la culture et de la pureté de l'ancien Empire suellois, sans égards pour la vie d'autrui.

Pendant trois années, toute la Flannesse brandit les étendards de guerre. Des nations tombaient alors que de nouveaux empires voyaient le jour. Démons et diables des plans extérieurs furent convoqués en grand nombre par Iuz et Ivid V et des centaines de milliers de mortels moururent. Le jour vint où les combattants, épuisés, se rassemblèrent à Faucongris pour déclarer la paix. Le mois de vendangier 584 AC devait voir la signature du pacte de Faucongris établissant les frontières et ordonnant l'arrêt des hostilités.
Le Jour de la Grande signature cependant, Faucongris fut le théâtre d'une autre trahison. Rary, l'un des membres du Cercle des huit, terrassa ses collègues Tenser et Otiluke au cours d'une grande bataille magique puis prit la fuite. D'aucuns soupçonnèrent que l'ancien archimage du Ket espérait prendre les ambassadeurs en otages, voire capturer Faucongris du même coup. Cependant, Rary et son associé, sir Robilar, s'enfuirent dans le Désert étincelant pour fonder leur propre royaume. Craignant d'autres événements malheureux, tous les délégués signèrent avec empressement le pacte de Faucongris. Ironie du sort, en raison de l'endroit où fut signé le traité, le conflit fut bientôt connu également sous le nom de Grande guerre de Faucongris.

Évènements récents

L'Année de la paix (585 AC) ne vit rien de la sorte. La guerre fit rage dans la principauté d'Ulek contre les envahisseurs orques du Pomarj et des efforts pour reprendre le Stérich furent initiés dans l'ouest. Le Cercle des huit combla ses rangs et entreprit d'agir contre toute puissance perçue comme tyrannique ou dangereuse pour le bien-être commun.
À l'automne 585 AC, le roi Archibald III du Nyrond manqua d'être assassiné par son plus jeune fils, Sewarndt. Des combats éclatèrent dans la capitale mais Lynwerd, le fils aîné d'Archibald, remporta la victoire et monta sur le trône au mois de doufoyer 586 AC. Un an plus tard, le roi Lynwerd incorpora la plus grande parties des ruines de l'Almor dans le Nyrond, mais il lutte maintenant pour sauvegarder son royaume vacillant face à d'incommensurables difficultés.

Dans le mois de froidure 586 AC, l'archevêque Hazen utilisa la Crosse de Rao, un puissant artefact, au cours d'une cérémonie spéciale destinée à purger la Flannesse de presque tous les fiélons qui s'y trouvaient. Les Exterieurs convoqués par Iuz, Ivid et autres individus malfaisants tombèrent sous cet assaut magique qui devint plus connu sous le nom de la Fuite des fiélons. Le roi Belvor III, de Furyondie se joignit rapidement à l'archevêque Hazen pour déclarer la Grande croisade du Nord, une opération militaire d'envergure visant à reprendre les terres perdues aux mains de Iuz pendant la Grande guerre. À la fin de l'an 588 AC, les armées de Furyondie avaient effectivement rétabli leur ancien territoire et même repris Crêtemur et l'île aux Scrags dans l'ancienne Pavoisie. La destruction et la débauche qui furent mises à jour lors de la fuite des agents de Iuz rendirent les croisés furieux. Le roi Belvor déclara un état de guerre éternelle contre l'Ancien, promettant de ne se contenter de rien de moins que la destruction de Iuz lui-même. Les raids de la Furyondie se poursuivent contre Iuz et la Pavoisie à ce jour.

La guerre fait aussi rage sur les frontières orientales de l'empire de Iuz. Le contrôle exercé sur le souverain du Roquefief a pris fin en 588 AC. Peu de temps après, une guerre a débuté dans la Taine qui met aux prises les forces mutuellement hostiles de Iuz, du Roquefief, de l'Arbonne et des expatriés tainois. Elle est toujours en cours.
Aussitôt après la Fuite des fiélons, une annonce fut faite dans Rauxès selon laquelle Ivid V n'était plus roi suprême, bien que sa mort définitive ne soit pas certaine. Des combats embrasèrent la capitale en quelques heures alors que plusieurs généraux et nobles d'Ivid marchèrent sur la Rauxès, remplis de haine. Personne ne peut expliquer ce qui se passa par la suite mais la cité elle-même se retrouva englobée dans un étrange champ de force magique. Rares sont ceux qui sont prêts à s'approcher de la ville en raison des forces étranges qui planent encore sur les ruines de la cité.

Les provinces du Grand royaume sont maintenant de nouveau réunies, mais en deux royaumes antagonistes. En 586 AC, l'herzog Grenell de la Province du Nord s'autoproclama roi suprême du grand royaume d'Ærdie septentrionale. De son côté, le roi suprême Xavener Ier règne sur le Royaume-Uni d'Ahlissa (fondé en 587 AC) depuis sa nouvelle capitale de Caloron. Chacun de ces deux souverains aimerait bien anéantir l'autre, mais des problèmes financiers et des luttes de pouvoir internes les ont forcés à consacrer leur énergie à la reconstruction de leurs armées et de leurs infrastructures. La Solandie, le plus vaste État survivant de la Ligue de fer, devint un royaume à part entière en 589 AC.
La Fratrie écarlate a su grandement profiter de la Grande guerre de Faucongris mais a par la suite subi de nombreux revers. En 586 AC, le peuple de l'Onouailles s'est soulevé contre l'occupant, réduisant l'emprise de la Fratrie sur cette nation a sa seule capitale, Scant. L'Aïdye fut perdue à l'Ahlissa en 587 AC et le fief des Princes des mers s'engouffra dans une guerre civile sanglante qui débuta en 589 AC. Malgré cela, la Seigneurie des îles demeure sous le contrôle du Signe écarlate et les espions de la Fratrie s'infiltrent de nouveau dans les cours de Flannesse, tissant leurs intrigues malfaisantes.

La Flannesse actuelle se trouve au bord d'un nouvel âge de progrès. La dernière décennie a vu de terribles guerres, des migrations de réfugiés, la naissance et la chute de nations entières. L'exploration de nouvelles terres est de plus en plus commune, le commerce se montre de plus en plus florissant et les opportunités d'héroïsme (et de profits) sont sans bornes. La Flannesse attend ceux qui entreprendront ces aventures pour forger son futur.

univers_greyhawk/histoire.txt · Dernière modification : 2026/08/24 10:31 de natakusq